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Sur fond de crise ukrainienne, les Bourses boivent la tasse

Alter Eco (vidéo) - Entre le clairon et le canon [RTS]
Alter Eco (vidéo) - Entre le clairon et le canon / La Matinale / 2 min. / le 25 janvier 2022
Les bruits de bottes à la frontière ukrainienne ont retenti lundi jusque sur les marchés financiers. Les places européennes - Suisse comprise - ont bu la tasse, tandis que Wall Street s’est finalement ressaisi en fin de séance.

Si les marchés devraient rebondir mardi, la volatilité reste forte. En cause, des échéances importantes cette semaine, entre la réunion de la Réserve fédérale américaine mardi et mercredi, et une avalanche de résultats annuels aux Etats-Unis, qui donneront le pouls de la vigueur économique.

Devant le bras de fer sur l'Ukraine, les marchés ont momentanément baissé les bras. En Europe d'abord: l'indice Dax a clôturé à -3,8% en Allemagne lundi soir, même recul pour le SMI à Zurich et plus ou moins pareil à Paris. Les cryptomonnaies ont aussi été chahutées.

Géants technologiques malmenés

A Wall Street, comme c'est le cas depuis le début de l'année, les géants technologiques, démesurément lourds face au reste des entreprises cotées, sont malmenés. Avec de violentes secousses par exemple chez Apple, Amazon, Uber ou Tesla.

Plus globalement, l'indice S&P 500 américain était entré en zone de "correction", un renversement de tendance qualifié comme tel dès que le marché chute de 10% par rapport à son plus haut de 52 semaines. Des titres vedettes américains comme Tesla, Uber ou Palantir sont frappés par cette correction.

Hausse probable des taux d'intérêt

La crise ukrainienne est en cause, mais la plus grosse inquiétude est à domicile pour les Américains. Face à une inflation devenue inquiétante et qui menace la croissance, la Réserve fédérale ("Fed") - la banque centrale la plus influente au monde - pourrait retirer la nappe sous les couverts plus violemment que prévu. Autrement dit, relever les taux d'intérêt à plusieurs reprises cette année et couper plus rapidement que prévu le robinet à liquidités qui a alimenté ces deux dernières années la surchauffe boursière qui a culminé en fin d'année dernière.

Augmenter les taux d'intérêt, c'est rendre le loyer de l'argent plus cher pour les investisseurs et les entreprises qui empruntent à tour de bras. La "Fed" démarre aujourd'hui deux jours de débat interne sur sa politique monétaire, à l'issue desquels elle livrera une feuille de route très attendue.

Depuis le début de l'année, on tourne peut-être la page de l'exubérance boursière née pendant la pandémie. Les entreprises technologiques américaines représentent une bulle de 18'000 milliards de dollars (16'400 milliards de francs) qui perd de l'air, frappée par les ventes à découvert et donc la méfiance des investisseurs devant des valorisations devenues trop élevées à leurs yeux.

Une vedette qui souffre

Une vedette parmi d'autres est en train de souffrir: elle s'appelle Cathy Wood. Elle était depuis un moment l'égérie des marchés financiers, elle dont le fonds d'investissement enregistrait des performances astronomiques. Elle détient beaucoup d'actions Tesla et de bitcoin, tous deux en chute.

Le dégonflement d'une bulle financière n'est pas en soi une mauvaise nouvelle: on purge les excès, une sorte de "dry january" qui ramène les sociétés cotées à une valorisation plus cohérente avec la marche de leurs affaires.

Modèle d'affaires en question

Netflix, numéro un mondial du "streaming", a glissé en Bourse en fin de semaine dernière, au moment d'anticiper un tassement de ses abonnements. Et cela malgré des investissements colossaux dans des productions à succès, comme Squid Game ou Don't look up!. Certains investisseurs commenceraient à douter de ce modèle d'affaires où il faut dépenser toujours plus pour tenter de conserver les téléspectateurs.

Ce mardi matin, les places boursières européennes regagnaient une partie du terrain perdu la veille. Mais la volatilité reste très forte, alimentée par les incertitudes sur la politique monétaire américaine et les tensions géopolitiques.

Frédéric Mamaïs/jpr

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