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Bras de fer sur les salaires dans le secteur de la restauration

Dans la cuisine d'un restaurant zurichois, un chef et un cuisinier masqués s'affairent à la préparation des plats. [Christian Beutler - Keystone]
Gastrosuisse refuse de réviser la convention collective de travail / La Matinale / 1 min. / le 24 décembre 2021
Les restaurateurs et restauratrices veulent-ils le beurre et l'argent du beurre? C'est en tout cas ce que dénoncent les syndicats: les salaires des employés stagnent, alors même que les tenanciers ont reçu des aides face à la pandémie.

L'organisation faîtière GastroSuisse refuse de réviser la convention collective de travail, mais elle se défend de faire de l'obstruction. Derrière ce bras de fer, les salaires dans la restauration restent parmi les plus bas de Suisse.

Deux ou trois cafés par mois, voilà ce que pourront s'offrir les employés qui touchent le salaire minimum dans l'hôtellerie-restauration: 0,2% d'augmentation l'année prochaine, après deux ans de gel. Le salaire le plus bas reste à moins de 3500 francs, alors que d'autres secteurs comme le commerce relèvent leurs premiers salaires au-delà des 4000 francs par mois.

Colère syndicale

"GastroSuisse bloque les négociations! Ils ne veulent avoir que ce qui les arrange. Il est temps de revenir enfin à la table pour chercher des solutions", réclame Urs Masshardt, directeur du syndicat Hôtel et Gastro Union, qui est en colère contre les patrons.

Et qu'on n'invoque pas les difficultés de la pandémie: pour le syndicaliste, les aides ont fonctionné, beaucoup d'établissements s'en sortent bien. Ceux qui paient mal devraient simplement fermer.

"Nous avons en Suisse entre 2000 et 3000 restaurants de trop. C'est le moment d'avoir un changement structurel. Il y a bien sûr de bons restaurants, de bons employeurs, je le dis aussi. Mais ceux qui ne fonctionnaient déjà pas avant le Covid doivent fermer boutique".

Le droit d'exister

En face, côté patron, l'analyse est bien différente: "Je ne suis pas du tout d'accord avec cette idée-là. Dès le moment où un restaurant paie les salaires, il a le droit d'exister. Nous sommes toujours prêts à trouver des solutions en faveur de nos employés, parce qu'un restaurant sans employé ne fonctionne pas. Mais un restaurant sans le chef qui paie les salaires ne fonctionne pas non plus", rétorque Massimo Suter, vice-président de GastroSuisse.

Des rencontres sont prévues dans les mois qui viennent pour négocier les salaires à partir de 2023. Mais quant à une révision globale des conditions de travail dans l'hôtellerie-restauration, les discussions entre partenaires sociaux restent au point mort.

Etienne Kocher/jpr

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