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La stratégie économique du Conseil fédéral veut allier libre-échange et durabilité

La stratégie économique du Conseil fédéral allie libre-échange et durabilité (image prétexte). [Lukas Lehmann - Keystone]
La Confédération veut faire rimer développement durable et mondialisation / La Matinale / 1 min. / le 25 novembre 2021
Le Conseil fédéral a publié mercredi sa nouvelle stratégie de politique économique extérieure. Plus de quinze ans après la stratégie précédente, le libre-échange reste la priorité, mais les mots "durabilité", "résilience" et "numérisation" font leur apparition.

Le Conseil fédéral estime ainsi que le monde a changé et que la Suisse a tout intérêt à s'adapter.

Depuis les années 2000, la mondialisation s'est intensifiée mais elle est aussi remise en question. Conséquence de la crise financière de 2008, de la menace climatique ou encore de la pandémie, le Conseil fédéral constate que le monde est traversé par un regain du protectionnisme économique et par la formation de blocs économiques régionaux.

Maintenir une économie tournée vers l'étranger

Or, la Suisse continue de prêcher l'ouverture. Pour le président de la Confédération Guy Parmelin, il n'est donc pas question de changer le moteur de la prospérité helvétique, qui passe largement par l'importation de matières premières et l'exportation de produits à haute valeur ajoutée.

"Plus d'un franc suisse sur trois est généré par le commerce des biens et services avec l'étranger. Le commerce extérieur joue un rôle central pour notre pays", explique-t-il.

Nouvel objectif: la durabilité

La nouvelle stratégie de Berne maintient deux objectifs classiques - les règles multilatérales et l'accès à de nouveaux marchés - mais y ajoute encore celui de la durabilité.

La biodiversité, le changement climatique ou encore l'utilisation durable des ressources naturelles constituent autant d'enjeux qui vont prendre toujours plus d'importance, selon le conseiller fédéral.

Ils sont ainsi systématiquement évoqués dans les discussions autour des accords de libre-échange, comme c'était le cas avec l'Indonésie, le Mercosur ou encore bientôt la Thaïlande. Reste à voir quels seront les effets concrets de ces nouveaux types d'accords, dont les garanties sont parfois vues comme insuffisantes par la société civile.

>> Relire: L'accord de libre-échange avec l'Indonésie est entré en vigueur

Espoir d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis

Si l'accès aux marchés internationaux est une priorité, la Suisse n'a toujours pas d'accord de libre-échange avec son principal partenaire commercial en dehors de l'Europe. La route pour convaincre les Etats-Unis sera longue, comme le reconnaît la secrétaire d'Etat suisse à l'économie Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch.

Interrogée dans La Matinale, cette dernière estime ainsi que "pour l'administration Biden, la perspective de réaliser un accord de libre-échange n'est pas vraiment la priorité". Évoquant les mesures nationales prévues par le gouvernement américain, Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch rappelle que des discussions exploratoires seront de toute façon nécessaires "avant de pouvoir commencer des négociations".

>> Ecouter Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch dans La Matinale jeudi:

la directrice du SECO, Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, en juin 2015 à Berne. [Peter Schneider]Peter Schneider
Le Conseil fédéral a dévoilé mercredi sa nouvelle stratégie de politique économique extérieure / La Matinale / 1 min. / le 25 novembre 2021

Etienne Kocher/aes

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