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L'opposition à l'initiative sur les soins infirmiers place ses espoirs dans le contre-projet

L'invitée de La Matinale (vidéo) - Anne-Geneviève Bütikofer, directrice de l'association H+ Les Hôpitaux de Suisse [RTS]
L'invitée de La Matinale (vidéo) - Anne-Geneviève Bütikofer, directrice de l'association H+ Les Hôpitaux de Suisse / La Matinale / 11 min. / le 9 novembre 2021
Alors qu'une nette majorité de la population semble soutenir l'initiative pour des soins infirmiers forts, selon les premiers sondages, l'opposition existe et s'articule principalement autour du contre-projet qui "reprend la plupart des revendications de l'initiative", estime la directrice de H+ Anne-Geneviève Bütikofer.

"On s'apprête à se prononcer sur une mesure essentielle: le personnel infirmier a besoin de soutien et aujourd'hui on doit trouver des mesures adéquates pour le soutenir", reconnaît d'emblée Anne-Geneviève Bütikofer, directrice de la faîtière des hôpitaux suisses H+, interrogée mardi dans La Matinale.

Celle-ci note que la situation de pandémie a eu un impact sur le débat public, mais aussi sur le personnel soignant lui-même. La pénibilité du travail s'est accrue. "On vit cette émotion à travers la campagne, et pourtant on doit réfléchir de manière rationnelle pour prendre une bonne décision", dit-elle.

Mise en oeuvre immédiate

En cas de refus de l'initiative le 28 novembre prochain, le contre-projet indirect du Parlement reprendrait la majeure partie des revendications et entrerait immédiatement en oeuvre. La profession serait donc tout de même en partie revalorisée, notamment à travers la formation.

Ce contre-projet constitue l'argument principal de campagne des opposants et des opposantes à l'initiative. "Il reprend la plupart des revendications de l'initiative et permettra une mise en oeuvre immédiate, alors que le processus législatif de mise en oeuvre de l'initiative pourrait prendre plusieurs années", estime Anne-Geneviève Bütikofer. "Or, nous avons besoin de mesures immédiates."

Des problèmes liés aux effectifs

Selon la présidente de H+, les revendications autour des conditions de travail concernent principalement les horaires, qui devraient être plus flexibles et adaptés à la pénibilité.

Or, la question des horaires est liée au nombre de soignants et soignantes disponibles et "le contre-projet indirect répond également à cela, puisque l'accent est mis sur l'offensive de formation et sur l'extension des compétences du personnel infirmier", estime-t-elle.

"La réponse à l'essentiel des problèmes actuels va être apporté grâce à une quantité suffisante de personnel à disposition", assure-t-elle.

Le spectre des coûts de la santé

"Les syndicats ont été très clairs récemment dans leurs revendications", indique Anne-Geneviève Bütikofer, qui évoque une semaine à 36 heures, une augmentation de salaire de 10% ou encore une retraite anticipée à 60 ans.

Mais selon cette juriste de formation, "ce type de revendications engendreraient des coûts énormes pour la santé, avec un report sur les payeurs de primes et les payeurs de salaires".

Par ailleurs, "les salaires actuels du personnel infirmier offrent une situation qui n'est pas si catastrophique que ça et qui est comparable avec d'autres branches", estime-t-elle. "Et pour que les hôpitaux puissent augmenter les salaires, ils doivent bénéficier des financements nécessaires. Et nous touchons là à un problème essentiel de notre système de santé."

>> Lire à ce sujet: Combien gagne le personnel infirmier en Suisse? Le débat qui agite la campagne de votation

Propos recueillis par David Berger/jop

>> Anne-Geneviève Bütikofer sera également l'une des invitées de l'émission Infrarouge mercredi 10 novembre (RTS1 / 21h05) consacrée au débat sur les soins infirmiers: Quel traitement pour nos soignants?
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