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Clubhouse, le réseau social qui mise sur l'audio, cherche un second souffle

Clubhouse, le nouveau réseau social 100% audio. [Jaap Arriens - NurPhoto via AFP]
L'application Clubhouse cherche un second souffle / La Matinale / 1 min. / mardi à 06:00
C'était le phénomène du début de l'année, mais poursuivre dans la durée est plus délicat. Clubhouse, le réseau social qui mise sur les conversations audios accumule les problèmes ces dernières semaines.

Le succès a été fulgurant pour Clubhouse, un réseau lancé en mars 2020 et qui est 100% audio. Au sommet de la hype, l'application a été téléchargée près de 10 millions de fois, pour le seul mois de février.

Le plan marketing est bien rodé. Pour utiliser l'application, uniquement disponible sur iPhone, il faut être invité par une connaissance, qui elle-même a reçu le sésame. L'utilisateur a alors l'impression d'entrer dans un carré VIP. Et pour fidéliser les nouvelles stars du réseau, Clubhouse permet aux créateurs de monétiser leurs performances.

On y écoute des conférences, des débats et des discussions, en restant un simple auditeur ou en interagissant. Mark Zuckerberg (Facebook), Elon Musk (Tesla) ou Oprah Winfrey font partie des fidèles. De quoi créer le buzz.

Le début des problèmes

Début avril, après une levée de fonds, Clubhouse est valorisé à environ 4 milliards de francs, soit quatre fois plus qu'en janvier, selon l'agence Bloomberg.

Mais depuis quelques semaines, les problèmes s'accumulent pour la start-up. Il y a d'abord eu la lente érosion des téléchargements. L'idée d'un réseau social VIP s'essouffle et a déçu les attentes de certains. Aujourd'hui en Suisse, Clubhouse n'est même plus dans le top 20 des téléchargements de réseaux sociaux.

Protection des données

Pire, l'application a été interdite en Chine. Et en France, la Commission nationale de l'Informatique et des Libertés (Cnil) a ouvert une enquête pour savoir comment Clubhouse utilise les informations privées de ses membres, notamment le partage du carnet d'adresse.

En Suisse, le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence n'étudie pas l'application, mais est "en contact avec ses homologues européens à ce sujet".

Un autre motif d'inquiétude est la modération du contenu audio. Il s'agit de s'assurer que les propos tenus ne tombent pas sous le coup de la loi. Une tâche déjà compliquée pour le texte et les photos... et quasiment impossible pour de l'audio.

Une concurrence réactive

Le succès a également aiguisé l'appétit des concurrents. Le concept de Clubhouse est déjà repris. Facebook annonce des salons de conversation (Live audio rooms). Chez Twitter, les lieux de conversation audio en direct s'appellent "Spaces".

De quoi voir un avenir sombre pour l'application. "Il y avait un côté sympa, original. C'était le petit nouveau qui arrive et on ne lui tire pas tout de suite dessus", se souvient Romain Rissoan, spécialiste des nouveaux outils de communication, mardi dans La Matinale.

"Le soufflé est retombé. Statistiquement, les chances de se redresser après un tel dégonflement sont faibles. Toutes les applications à succès ont une croissance continue, voire exponentielle", ajoute cet expert.

L'espoir d'Android

Il reste un espoir pour Clubhouse. Jusqu'ici, l'application était uniquement disponible sur les iPhone, soit moins de 30% des smartphones utilisés dans le monde. Pour se relancer l'entreprise va sortir une version pour Android.

Quoi qu'il arrive, Clubhouse a vu juste pour une chose: il y a aujourd'hui une demande pour des réseaux sociaux qui utilisent uniquement la voix.

Pascal Wassmer

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