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Patrick Pruniaux: "L'horlogerie a eu un rebond moins rapide que d'autres secteurs du luxe"

L'invité de La Matinale (vidéo) - Patrick Pruniaux, directeur d'Ulysse Nardin [RTS]
L'invité de La Matinale (vidéo) - Patrick Pruniaux, directeur d'Ulysse Nardin / La Matinale / 11 min. / le 7 avril 2021
Premier grand rendez-vous horloger de l'année 2021 en Suisse, le salon horloger Watches and Wonders Geneva débute mercredi sous forme virtuelle dans un contexte marqué par la pandémie de coronavirus. Le secteur semble avoir bien résisté à la crise.

Les exportations horlogères ont reculé de presque 22%, mais la catastrophe redoutée au niveau de l'emploi ne semble pas s'être produite, selon les syndicats.

"Nous sommes assez justes en disant que l’horlogerie a perdu 1500 à 2000 emplois. Au regard de la crise financière de 2008-2009, qui avait vu plus de 4000 postes disparaître, ce chiffre est encore assez raisonnable", estime Raphaël Thiémard, responsable national de la branche horlogerie et microtechnique au syndicat UNIA, interrogé mercredi dans La Matinale.

>> Les explications dans La Matinale:

Le secteur de l'horlogerie résiste à la crise.  [SALVATORE DI NOLFI - KEYSTONE]SALVATORE DI NOLFI - KEYSTONE
Le secteur de l'horlogerie résiste à la crise / La Matinale / 1 min. / le 7 avril 2021

Le recours au chômage partiel et la reprise en Chine, premier marché, a permis au secteur d'encaisser le choc. Mais la machine ne redémarre pas à la même vitesse pour tout le monde.

Entrée de gamme plus fragilisée

Si les grands groupes ont eu les reins plus solides, plusieurs sous-traitants, notamment, souffrent et l'entrée de gamme reste toujours fragilisée. "Elle est beaucoup plus frappée par la concurrence, la montre connectée...", explique Serge Maillard, éditeur et codirecteur d'Europa Star, magazine spécialisé dans l'horlogerie.

Et d'ajouter: "L'horlogerie suisse s’oriente de plus en plus vers une production haut de gamme. C'est peut-être là que demeure le plus grand défi: maintenir cet appareil industriel, qui a quand même besoin de volumes. Cela fait plusieurs années que les volumes baissent et que la valeur moyenne augmente. La pandémie a accéléré ce mouvement."

Rebond "moins rapide"

Invité mercredi dans La Matinale, Patrick Pruniaux, le directeur général de Girard-Perregaux et Ulysse Nardin, maisons horlogères établies à La Chaux-de-Fonds, explique que l'horlogerie a eu un rebond "moins rapide" que d'autres secteurs du luxe. L'année écoulée a été faite "d'agilité et de réinventions", selon lui.

Les deux marques, propriétés du spécialiste français du luxe Kering, se sont toutefois séparées d'une centaine de collaborateurs en septembre dernier. "Malheureusement, nous avons dû passer pas une phase de réorganisation. C’était nécessaire. Nous avons utilisé les RHT, mais sur le long terme ce n'était pas jouable."

>> Relire: Girard-Perregaux et Ulysse Nardin biffent un quart de leurs postes

Romain Bardet/David Berger/Valentin Jordil

>> Voir aussi l'analyse de Nicolas Rossé dans le 12h45:

Reprise des salons horlogers: l'analyse de Nicolas Rossé. [RTS]
Reprise des salons horlogers: l'analyse de Nicolas Rossé. / 12h45 / 1 min. / le 7 avril 2021
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Trente-huit marques réunies en ligne

Au total, 38 marques horlogères, actives surtout dans le haut de gamme, présenteront du 7 au 13 avril leurs nouveautés lors du salon horloger Watches and Wonders Geneva.

Réunissant nombre de maisons horlogères prestigieuses telles que Rolex, Patek Philippe, Cartier et Tag Heuer, le salon représente pour le moment l'événement principal du secteur en 2021, faute de concurrent de taille.

"Garder cette dynamique"

"Nous sommes une industrie où le détaillant et les journalistes ont un rôle très important à jouer. Un forum comme le Watches and Wonders Geneva permet de les faire se rencontrer. C'est très important de garder cette dynamique", estime Patrick Pruniaux, directeur général de Girard-Perregaux et Ulysse Nardin, invité mercredi dans La Matinale.

Et d'ajouter: "L’expérience du consommateur commence très souvent en ligne. Un salon digital illustre ce qui se passe déjà dans la réalité: la découverte d’un produit en ligne et qui se termine chez un détaillant quelque part dans le monde."