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La reprise économique post-Covid sera lente et diversifiée en Suisse

L'ameublement fait partie des secteurs qui devraient bénéficier d'un rattrapage. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
A qui va profiter la reprise économique après les confinements? / Le 12h30 / 2 min. / le 16 mars 2021
L'économie helvétique devrait accélérer cet été, selon les économistes de Credit Suisse. Mais la reprise prendra du temps et les pertes de croissance liées au coronavirus ne seront pas compensées avant fin 2022.

La performance économique "va sans doute encore diminuer au 1er trimestre 2021", à -0,5%, puis "la croissance devrait s'accélérer à l'été grâce aux progrès des campagnes de vaccination et à l'assouplissement progressif des mesures", selon le Moniteur de Credit Suisse paru mardi, consacré au premier trimestre.

Les spécialistes du numéro 2 bancaire helvétique tablent toujours sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 3,5% en 2021. Et ceci, "malgré le risque d'une troisième vague", a fait remarquer Claude Maurer, responsable de l'analyse conjoncturelle, en conférence téléphonique. La hausse du taux de chômage est anticipée à 3,7% maximum. "Nous ne voyons pas de licenciements de masse", a-t-il ajouté. Si la situation reste tendue, Credit Suisse s'attend à une modeste croissance de l'emploi de 0,3% en 2021.

Le commerce alimentaire grand gagnant

Un an après le déclenchement de la pandémie, des gagnants de la crise se dessinent. Les chiffres d'affaires du commerce alimentaire suisse ont pu croître de près de 12% en moyenne entre le début de pandémie et la fin 2020. Le secteur a profité de "l'absence de concurrence des restaurants et bars" ainsi que du tourisme d'achat rendu "compliqué durant de nombreuses semaines".

Le commerce de détail non-alimentaire (ameublement, jardineries, etc...), lui, a bénéficié d'un effet de rattrapage. Ce secteur "parvient à compenser le recul temporaire de la consommation d'une semaine de confinement en 2021 en près de deux semaines", d'après le Moniteur.

Hôtellerie et restauration à la traîne

D'autres secteurs ne vont pas bénéficier du même effet. "On s'attend essentiellement à ce que ce soit les restaurants, les hôtels et le divertissement, où l'offre est plutôt limitée", a expliqué Maxime Botteron, économiste chez Credit Suisse, dans le 12h30 de la RTS. "On aura un certain rattrapage, mais on ne peut pas non plus aller cinq fois par jour au restaurant, a-t-il souligné. "Donc il y a une certaine limite à ce que les ménages peuvent consommer dans ce type de secteurs".

Credit Suisse estime encore que "si la performance économique va sans doute renouer avec le niveau d'avant-crise d'ici la fin de l'année, la perte de richesse liée à la pandémie de coronavirus n'en demeurera pas moins considérable". Les pertes pour le PIB sont estimées à environ 57 milliards de francs pour 2020 et 2021, soit 8% du PIB de 2019.

ats/oang avec Cléa Favre

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Moins d'économies durant la 2e vague

Les analystes de Credit Suisse relèvent également que les gens ont moins économisé pendant la deuxième vague de la pandémie que pendant la première.

Lors du premier semi-confinement, chaque ménage avait mis de côté deux fois plus qu'en temps normal, soit 3000 francs de plus en moyenne. C'est parce que les revenus s'étaient globalement maintenus, alors que les occasions de dépenser s'étaient retrouvées très limitées.

Lors de la deuxième vague, en revanche, les ménages n'ont économisé qu'un tiers de cette somme (880 francs) car les mesures sanitaires étaient plus souples.

En conséquence, selon Credit Suisse, la reprise de la consommation sera moins rapide que l'an dernier.