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Pas de boom de la consommation en vue après la seconde vague

Durant le premier semi-confinement, les ménages suisses ont économisé 8 milliards de francs. [Anthony Anex - Keystone]
Confinement ou semi-confinement sont propices à l’épargne / La Matinale / 1 min. / mardi à 06:00
Les Suisses ont beaucoup économisé durant le premier semi-confinement, avant de dépenser à nouveau largement lors de la réouverture des commerces. Mais il n'est pas sûr que ce phénomène se reproduise au sortir de la seconde vague.

Ce réflexe de l'épargne s'est vérifié aussi ailleurs en Europe. En France par exemple, où 200 milliards d'euros auraient été économisés depuis le début de la pandémie. Cette manne financière est au cœur de la reprise, mais les ménages rechignent parfois à dépenser. Certains élus français appellent donc ces derniers jours à augmenter la fiscalité pour en récupérer une partie.

En Suisse, malgré des pertes de revenus, les ménages ont économisé 8 milliards de francs durant le premier semi-confinement, selon les chiffres de Credit Suisse, soit environ 2000 francs par ménage. C'est deux fois plus qu’en temps normal.

Ces sommes considérables ont été largement réinjectées dans l’économie lors de la réouverture des commerces à l'aube de l'été 2020. Mais il n'est pas sûr que le phénomène se répète au sortir de la deuxième vague.

Plus de mobilité, plus de dépenses

"La situation est quand même un peu différente", relève Sara Carnazzi Weber, économiste au Credit Suisse, mardi dans La Matinale. "Premièrement, les mesures prises sont moins sévères par rapport au premier lockdown. Et deuxièmement, on voit que la mobilité a beaucoup moins baissé (…) Or cette mobilité est un indicateur très clair de ce qui se passe au niveau de la consommation de la population."

Et les commerces non essentiels n’ont pas complètement baissé le rideau comme au printemps. "On voit par exemple des magasins qui restent ouverts et offrent des services par exemple de click and collect (à l'emporter), une bonne partie de la marchandise est quand même accessible", souligne Sara Carnazzi Weber.

"Les gens s'habituent à la pandémie"

"On voit aussi que certaines activités touristiques se sont quand même développées grâce à la décision de garder les stations de ski ouvertes. Et on voit aussi les gens s'habituer à cette pandémie et bouger plus."

Alors que les réouvertures se profilent, il ne faut donc pas s’attendre à une flambée de la consommation aussi importante qu’au printemps dernier. Pour autant, la grande banque suisse se veut optimiste: elle table sur une croissance de 3,5% cette année.

sb/oang

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