Modifié

Le TCS se démarque en ne soutenant pas le référendum contre la loi sur le CO2

En ne soutenant pas le référendum contre la loi sur le CO2, le TCS renforce son profil consensuel face aux milieux routiers [RTS]
En ne soutenant pas le référendum contre la loi sur le CO2, le TCS renforce son profil consensuel face aux milieux routiers / 19h30 / 3 min. / le 11 décembre 2020
La Suisse a révisé sa loi sur le CO2 en septembre dernier, mais le compromis, trop exigeant pour les milieux de la route, est visé par un référendum. Le Touring club suisse a décidé de ne pas le soutenir, mettant à mal la récolte des signatures. Le TCS deviendrait un peu plus vert que ses alliés traditionnels des milieux de la route.

Le Touring club suisse (TCS) est connu pour défendre les intérêts automobiles. Mais sa longue histoire est plus complexe. Fondée en 1896 par des vélocipédistes genevois, l'association s'ouvre en effet rapidement aux automobilistes. Dépannage, assistance, le concept traverse les décennies.

Dans les années 50, l'association commence à faire de la politique et publie des films en faveur de la construction des autoroutes. Même si dans les années 90 le TCS  acceptait une hausse de 20 centime du prix de l'essence, c'est essentiellement les intérêts automobiles qu'il défend, notamment aux côtés de l'Automobile club de Suisse (ACS).

Campagne sans le TCS

Aujourd'hui, face à la révision de la loi sur le CO2, le TCS lâche ses alliés traditionnels de la route et ne soutiendra pas le référendum. L'ACS, club purement automobile, devra se passer de son acolyte pour récolter des signatures.

"Lorsqu'une partie n'est plus avec nous, cela manque toujours", admet Thomas Hurter, le président de l'ACS. "Nous avons travaillé ensemble pour d'autres sujets politiques sur la mobilité, mais il est clair que nous avons des intérêts différents. Et nous sommes vraiment là pour les intérêts de l'automobiliste. Nous soutenons ce référendum parce que nous pensons que la loi sur le CO2 va dans une fausse direction", commente-il.

Un centre plus vert que certaines sections

Pour le TCS, la loi est au contraire acceptable et allie climat et mobilité. Le Touring club suisse aurait-il amorcé un virage vert? "Le TCS est toujours jaune", répond Peter Goetschi, le président central du TCS.

En réalité, le virage date des années 90, lorsque l'association inscrit dans ses statuts la défense des intérêts de ses membres, non pas seulement sur la route, mais dans leur mobilité. "Nous défendons les intérêts de nos membres, qui ont évolué. Aujourd'hui la Suisse a pris des engagements avec le traité de Paris. Ces engagements, il faut les tenir et la mobilité doit aussi y contribuer", estime Peter Goetschi.

Le Vert genevois Robert Cramer en convient, le TCS est devenu plus consensuel, mais nuance: "La politique du TCS au niveau suisse est vraiment une politique de mobilité qui cherche les bonnes solutions. Mais à Genève, on ne peut pas comprendre cela, car la section est très guerrière, pro-bagnole et anti-cycliste, quoi qu'ils en disent. La vie est très compliquée avec eux".

La voiture reste "importante"

Les sections cantonales du club ont donc leur propre vie et la discordance qui en découle est pleinement assumée par son président central: "Chaque section peut défendre au mieux les intérêts de ses membres. Un membre à Genève n'a pas toujours les mêmes intérêts qu'un membre à Glaris". Pour Peter Goetschi, la section genevoise "défend la mobilité dans son ensemble et la voiture est un élément important, on oublie parfois de le dire".

Le virage écologique n'est pas un tournant à 180 degrés, mais à l'heure de la mise en oeuvre de l'Accord de Paris, le TCS renforce tout de même son profil de défenseur de la mobilité, sur toutes ses roues.

Pascal Jeannerat et Feriel Mestiri

Publié Modifié

Loi sur le CO2 attaquée à droite comme à gauche

La loi sur le CO2, adoptée en septembre par le Parlement, est attaquée de toutes parts. Les grévistes du climat estiment que la loi est insuffisante pour freiner le réchauffement climatique.

De l'autre côté de l'échiquier politique, un comité économique, constitué de représentants de la branche automobile, des transports, de l'aéronautique, du bâtiment et de la branche pétrolière, considère que la loi est trop coûteuse et inefficace.