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Les touristes étrangers vont cruellement manquer cet hiver en Suisse

La saison d'hiver du tourisme suisse confrontée à la pandémie: interview de Véronique Kanel [RTS]
La saison d'hiver du tourisme suisse confrontée à la pandémie: interview de Véronique Kanel / Forum (vidéo) / 3 min. / le 23 novembre 2020
Il faut s'attendre à une chute historique de 31% des nuitées d'hôtels sur un an durant l'hiver à venir, a prévenu lundi Suisse Tourisme. Comme avant l'été, l'organisme lance une campagne ciblant la clientèle indigène.

L'organisation chargée par la Confédération de la promotion du tourisme helvétique se base, pour ses estimations, sur les derniers chiffres du Centre de recherches conjoncturelles (KOF).

Affecté par les mesures de confinement prises dans plusieurs pays et par la réduction du tourisme mondial, le secteur hôtelier suisse affiche des chiffres affolants. Le nombre de réservations a chuté de 19% sur un an dans les régions de montagne. Les réservations des vacances sportives hivernales, elles, ont baissé de 28% par rapport à l'année dernière.

Manque cruel de touristes étrangers

D'après Suisse Tourisme, ce sont surtout les touristes d'Outre-Mer (-86% sur un an) qui vont le plus manquer à l'appel au sein des établissements hôteliers helvétiques cette année, suivis des touristes européens (-49%).

Les touristes suisses, quant à eux, devraient représenter 69% des nuitées de cet hiver, alors que cette part tombait à seulement 45% en 2018 et en 2019. L'institution estime que cette part devrait retomber à 51% d'ici à 2023.

Appel du pied aux touristes indigènes

Comme avant la dernière saison d'été marquée par une sortie de la première vague pandémique, Suisse Tourisme lance pour cet hiver une campagne de promotion visant la clientèle suisse, et tout particulièrement celle qui n'est habituellement pas attirée par la montagne à cette saison.

Baptisée précisément "Ma première fois", elle est "axée principalement sur toute la grande palette d'activités qu'il est possible de faire en montagne en hiver", explique la porte-parole de Suisse Tourisme Véronique Kanel dans l'émission Forum. "L'idée est d'inviter les gens qui n'ont pas forcément l'habitude d'aller régulièrement en montagne en hiver d'y aller et de tester de nouvelles activités."

Les touristes étrangers espérés en 2021-2022

L'organe de marketing du tourisme helvétique n'oublie pas pour autant les touristes étrangers, même s'ils seront les grands absents des stations cet hiver. "La destination touristique suisse ne peut pas se permettre d'être complètement absente du point de vue de la communication", souligne la porte-parole.

"Il faut rester présent dans l'esprit des touristes potentiels qui sont en train - même s'ils ne peuvent pas voyager - de planifier leurs prochaines vacances. Et même si c'est pour l'hiver 2021-2022, il est essentiel qu'on puisse encore s'adresser à notre public en Asie et aux Etats-Unis".

>> Noël sans touristes étrangers dans les Alpes suisses, voir le reportage du 19h30:

Les acteurs du tourisme misent sur les Suisses pour compenser les pertes de nuitées étrangères [RTS]
Les acteurs du tourisme misent sur les Suisses pour compenser les pertes de nuitées étrangères / 19h30 / 2 min. / le 23 novembre 2020

oang avec agences

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On oublie les après-ski festifs!

Comme ailleurs, les vacances à la montagne cet hiver seront marquées largement par deux règles sanitaires: le port du masque et le respect des distances sociales.

"Les après-skis festifs, avec beaucoup de monde et sans garder les distances, oui, c'est de l'histoire ancienne", confirme Véronique Kanel.

Pour le masque, "tout dépend des activités qu'on va vouloir faire", souligne la porte-parole de Suisse Tourisme. "Si on fait du ski, on sera masqués jusqu'à ce qu'on arrive en haut des pistes. Pour d'autres activités, comme le ski de fond, on n'aura pas besoin de masque parce que le masque n'est pas nécessaire".

L'ouverture des stations françaises en suspens

La décision d'ouvrir ou non les stations de ski françaises pour les vacances de Noël sera prise "dans les dix prochains jours", ont indiqué lundi les services du Premier ministre à l'issue d'une réunion dans la matinée avec les acteurs du secteur.

"La question" d'ouvrir ou de laisser fermées les stations "n'est à ce jour pas tranchée, les deux options étant encore envisagées compte tenu des incertitudes sur l'évolution de la situation sanitaire", a précisé Matignon dans un communiqué en soulignant que les critères sanitaires et la coordination avec les pays voisins seront "essentiels".

La situation sanitaire est particulièrement tendue dans la région alpine française: la Haute-Savoie présente encore le taux d'incidence le plus élevé de France (485,4/100'000 habitants) juste devant la Savoie voisine (385,9/100'000) et l'Isère (365,2/100'000).

Cela fait craindre aux autorités la saturation des hôpitaux déjà engorgés par les malades du coronavirus et qui redoutent l'afflux de touristes pour des accidents sur les pistes.