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L'économie circulaire envisagée comme clé pour une relance post-Covid

La durée de vie de certains produits, comme les ordinateurs, pourrait être prolongée. [Cyril Zingaro - KEYSTONE]
La durée de vie de certains produits, comme les ordinateurs, pourrait être prolongée. / La Matinale / 1 min. / le 14 octobre 2020
L'économie circulaire pourrait être l'une des clés de la relance économique post-Covid dans l’Union européenne, selon un rapport publié mardi. Et en Suisse aussi, ses principes pourraient être mieux appliqués.

Les auteurs du rapport publié par la société suédoise Material Economics, spécialisée dans les questions de durabilité, estiment que cette économie qui fonctionne en circuit fermé réduit les risques et les impacts négatifs en cas de crises - sanitaires ou environnementales -, et permet d’améliorer considérablement la sécurité de l'approvisionnement en matières premières, en atténuant la dépendance aux importations.

Et en Suisse aussi, l'économie circulaire pourrait être mieux appliquée. Produire, consommer, jeter, parfois recycler: c'est ce qu'on appelle l'économie linéaire. Dans l'économie circulaire, on essaie de prolonger au maximum la durée de vie des objets, des produits électroniques, des bâtiments.

Prenons une bouteille en verre. On la fabrique pour qu'elle soit solide, on la remplit de liquide, on boit. Et plutôt que de la recycler, on la lave et on la remplit à nouveau.

Cette pratique s'est raréfiée

Selon Dunia Brunner, doctorante à l'Université de Lausanne, qui travaille sur les apports et les limites du cadre réglementaire suisse à une économie circulaire, cette pratique, courante dans les années 1980, s'est raréfiée. Et pourtant, selon elle, "une économie circulaire est tout à fait possible au sein du cadre légal actuel qui, dans les grandes lignes, n'empêche pas de produire ou de consommer mieux", a-t-elle expliqué mercredi dans La Matinale.

"Par contre, le problème, c'est que ce cadre légal n'y incite pas vraiment. Sur le court terme, il demeure économiquement plus avantageux de produire en externalisant les coûts de production. On pourrait soutenir une économie circulaire en interdisant les produits à usage unique ou les emballages à usage unique, ou alors en créant des incitations sur le plan économique, par exemple en taxant plus les ressources, les matières premières et l'énergie et beaucoup moins le travail", poursuit Dunia Brunner.

Autre incitation possible à ses yeux: accompagner les acteurs perdants de la transition, parce que concrètement, c'est là aussi qu'il y a des résistances importantes.

Plusieurs bénéfices

Pour Josef Kaenzig, chef de section Consommation et produits à l'Office fédéral de l'environnement, l'économie circulaire a plusieurs bénéfices: "Elle réduit notamment l'impact environnemental et permet d'économiser de l'argent une fois que le système circulaire est établi. Au début, il faut un peu plus de temps et un peu plus d'argent pour établir le système circulaire, mais une fois qu'il marche, on économise les matières premières".

La durée de vie de nombreux produits, comme les ordinateurs, pourrait être prolongée afin d'économiser des ressources naturelles et des ressources financières en même temps, souligne Josef Kaenzig. Le spécialiste voit aussi un potentiel dans le domaine des déchets de chantier, car "aujourd'hui, on en met encore beaucoup en décharge. Et il faudrait trouver des moyens d'utiliser plus de béton recyclé, par exemple".

Le Parlement fédéral planche en ce moment sur une initiative parlementaire qui vise à renforcer l'économie circulaire.

Sujet radio: Pauline Rappaz

Adaptation web: Jean-Philippe Rutz

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