Modifié

L'avenir de la presse romande dépend-il de la Fondation Aventinus?

une fondation genevoise se mobilise depuis un an pour soutenir la presse romande. Elle souhaite racheter Le Temps. [RTS]
une fondation genevoise se mobilise depuis un an pour soutenir la presse romande. Elle souhaite racheter Le Temps. / 19h30 / 2 min. / le 7 septembre 2020
Face au risque de voir des titres de presse disparaître, une fondation genevoise se mobilise depuis un an pour soutenir la presse romande. Elle ambitionne actuellement de racheter le quotidien Le Temps.

Le destin de la presse romande se joue en partie à Carouge (GE), à l'adresse de la fondation Aventinus, qui veut sauver les médias de qualité dans l'Arc lémanique et au-delà. Créée l'an dernier, elle a soutenu plusieurs projets médiatiques dont Le Courrier, Bon pour la Tête ou encore Heidi.news.

Ce dernier média en ligne a reçu un demi-million de francs en capital de la part de la Fondation, sans subir de pression, qu'elle soit financière ou éditoriale, raconte son co-fondateur et directeur éditorial Serge Michel lundi dans le 19h30: "C'est un actionnaire très discret. Il a même refusé de participer à l'assemblée générale des actionnaires. Je n'ai personnellement pas eu de relations avec les représentants d'Aventinus depuis environ six mois, donc c'est vraiment l'actionnaire idéal."

Les négociations pour le rachat du Temps avancent

Discrète, Aventinus n'en est pas moins puissante. Elle peut compter sur des fonds se chiffrant en millions de francs, issus de la richissime fondation Hans Wilsdorf, propriétaire de Rolex, mais aussi des fondations Jan Michalski et Leenards.

Présidée par l'ancien conseiller d'Etat genevois François Longchamp, Aventinus ambitionne de racheter le journal Le Temps, en mains du Groupe Ringier Axel Springer. Les négociations avancent, mais les deux parties ne souhaitent faire aucun commentaire, a appris la RTS.

Garantir l'indépendance

Acquérir un journal comme Le Temps alors que la presse subit des pertes massives est une démarche saluée par la profession: "Ces fondations soutiennent des projets scientifiques, culturels, sportifs... Pourquoi pas la presse? La presse est un pilier de la démocratie", souligne Serge Michel.

Selon l'expert en financement de la presse Patrice Schneider, recevoir de l'argent sans pression de rendement est un bon début, mais l'autonomie financière doit rester le but à atteindre. "Il faut regarder lucidement l'avenir de ces médias classiques dans leur environnement numérique, où la rentabilité est de plus en plus difficile. Pour que des médias soient indépendants, ils doivent être financièrement indépendants",  estime le chef de la stratégie Media Development Investment Fund.

Si le rachat d'un grand quotidien par une fondation serait une première en Suisse, il en va autrement en Europe, où des fondations soutiennent largement la presse. C'est le cas par exemple aux Pays-Bas ou encore au Royaume-Uni, avec notamment The Guardian.

>> Les précisions de Valérie Demierre dans le 19h30:

Valérie Demierre: "C'est un souffle financier bienvenu qui s'ajoute aux aides envisagées ou concrétisées par certains cantons" [RTS]
Valérie Demierre: "C'est un souffle financier bienvenu qui s'ajoute aux aides envisagées ou concrétisées par certains cantons" / 19h30 / 1 min. / le 7 septembre 2020

Gabriel de Weck/fme

Publié Modifié