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Les salaires des journalistes suisses stagnent depuis 14 ans

L'étude souligne l'importance que revêt une convention collective de travail pour l'évolution du niveau des salaires dans une branche. [Alexandra Wey - Keystone]
Les salaires des journalistes suisses stagnent depuis 14 ans / La Matinale / 1 min. / le 28 août 2020
Les salaires des journalistes suisses n'ont pas évolué depuis 2006, selon une étude publiée jeudi et menée par l'Union syndicale suisse et trois syndicats. Celle-ci souligne aussi les différences de salaire entre les sexes et les disparités entre le secteur public et privé.

Le salaire médian des journalistes au moment de l'enquête en février 2020 était de 7333 francs, a indiqué l'USS dans un communiqué jeudi.

C'est environ 800 francs de plus que le salaire médian de toutes les personnes employées en Suisse, selon l'enquête fédérale sur les salaires de 2018. Cependant, depuis la dernière étude de 2006 sur la situation des travailleurs dans les médias, le salaire moyen n'a pratiquement pas bougé (7200 francs).

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Salaires plus élevés au service public

Les salaires les plus élevés (7900 francs en moyenne) sont versés aux journalistes du service public, la SSR, suivis par la presse spécialisée (7633 francs), la presse associative (7333 francs), les publications en ligne (7279 francs) et la presse écrite (7143 francs). Les salariés des chaînes de télévision et de radio privées arrivent loin derrière avec un salaire médian de 5526 francs.

L'étude souligne l'importance que revêt une convention collective de travail pour l'évolution du niveau des salaires dans une branche. Les journalistes sans CCT gagnent en moyenne 800 francs de moins par mois que ceux qui sont protégés par un tel accord. Une CCT a de plus un effet stabilisateur sur les bas salaires: 10 % des journalistes qui bénéficient d’une CCT gagnent moins de 6000 francs. Chez celles et ceux qui n’ont pas de CCT, une personne sur dix gagne moins de 3907 francs.

Les femmes gagnent moins

La situation financière des indépendants s'est clairement dégradée par rapport à 2006. Ici, le salaire médian est passé d'un peu moins de 7000 à 5600 francs. Selon le sondage, seul un pigiste sur cinq peut réellement facturer le temps passé à rédiger. Quatre pigistes interrogés sur cinq sont payés au forfait.

Les journalistes femmes restent discriminées selon leur genre: elles gagnent entre 1900 et 3100 francs par an de moins que leurs collègues masculins. Les différences de salaire entre les sexes sont les plus faibles dans le service public.

Les conditions de travail se sont dégradées avec une pression accrue sur les délais, souligne l'étude. Les journalistes travaillent souvent aussi pendant leur temps libre. Dans ce climat professionnel incertain, 60% des pigistes ont peur de perdre leurs mandats et un quart des salariés leur poste de travail, un taux d'insécurité très élevé par rapport à de nombreuses autres professions. Reste que la grande majorité des journalistes interrogés continuent de s'identifier à leur métier.

ats/saje

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Les chiffres clés de l'étude

Plus de 1600 journalistes ont participé à cette enquête en ligne. Près de 43% des personnes interrogées travaillent à la SSR contre 21% lors du sondage de 2006. La proportion de pigistes et de journalistes de médias en ligne est également plus élevée.