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Le télétravail permettra-t-il aux entreprises de faire des économies?

Le télétravail, un potentiel d'économies pour les entreprises? [Keystone - Christian Beutler]
Le télétravail, un potentiel d'économies pour les entreprises? / Le Journal horaire / 1 min. / le 29 mai 2020
Le télétravail représente-t-il un potentiel d'économies pour les entreprises? A l'heure où plusieurs d'entre elles se retrouvent en difficulté et cherchent à diminuer les coûts, certains patrons commencent à sortir la calculette.

Credit Suisse a par exemple déjà annoncé vouloir étendre le télétravail. Son objectif: qu'entre 10 et 20% des heures se fassent à domicile. Cela permettrait une réduction des espaces de bureau, même si le numéro deux bancaire helvétique n'avance aucun chiffre sur les économies réalisables.

Le potentiel est pourtant là: rien qu'en 2019, Credit Suisse a dépensé plus d'un milliard de francs pour les charges liées à ses locaux. Un poste de travail fixe au sein d'une entreprise coûte cher et est évalué à plus de 10'000 francs par année, en comptant la location de la surface, l'équipement ou l'électricité.

Doit être bien pensé

"L’entreprise peut réduire ses dépenses pour le loyer, car avec le télétravail elle n’a plus besoin de la même surface de travail. Mais ce n’est pas clair si cette économie va se réaliser, parce que le télétravail c’est une manière différente de travailler. Il faut bien penser comme il s’insère dans le travail de l’entreprise actuelle", explique Rafaël Lalive, professeur d'économie à HEC Lausanne.

Autrement dit, les économies peuvent être conséquentes, mais seulement si l'on part du principe que le travail sera aussi efficace à la maison qu'en entreprise. Or, pour atteindre cet objectif, un investissement est nécessaire en outils technologiques ou encore en formation du management.

Coûts supplémentaires, si mal géré

Et à en croire Laura Chovelon, stratégiste de l'environnement de travail chez Aremis, "un télétravail mal géré engendre autant de désavantages, comme un sentiment d’isolement, un manque de coordination dans les projets ou un désengagement progressif qui peut coûter au final beaucoup plus cher à une entreprise que le coût des surfaces".

La spécialiste observe d'ailleurs un tournant avec la crise: l'argument financier n'est plus le principal moteur des entreprises par rapport au télétravail. Maintenant qu'elles y ont goûté, elles se sont rendues compte de ses autres avantages, comme la souplesse qu'il permet.

Cléa Favre/jfe

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