Modifié le 23 mai 2020 à 21:27

Le recul de la consommation pendant le Covid-19 peu lié au confinement

Des consommateurs de retour dans un centre commercial à Copenhague après la levée du confinement.
Le recul de la consommation ne serait pas dû au confinement, selon une étude danoise Le 12h30 / 1 min. / le 22 mai 2020
Est-ce vraiment le semi-confinement et les interdictions imposées par le gouvernement qui ont fait fondre la consommation? Une étude, réalisée par des économistes de l’Université de Copenhague et relayée par la NZZ, tord le cou à cette idée.

Lors de la pandémie, les gens ont réduit leurs dépenses, quel que soit le choix du gouvernement, montre cette étude. Pour la réaliser, les économistes ont choisi deux pays similaires, confrontés de la même manière au Covid-19, mais qui ont fait des choix politiques radicalement différents: le Danemark et la Suède.

Le Danemark a fermé ses écoles, ses centres commerciaux, ses restaurants - sauf à l’emporter - et a encouragé ses citoyens à rester à la maison. Un peu comme la Suisse. La Suède, elle, a choisi de ne pas entraver son économie en faisant le pari de la responsabilité individuelle.

Dépenses en chute

Ces différences politiques ont eu un effet sur la propagation de la maladie. Mais en ce qui concerne la consommation, basée sur les transactions bancaires de 860'000 individus, la différence reste modeste.

A la fin du mois de mars et par rapport à la même période de l'année précédente, les dépenses ont chuté de 29 % au Danemark et de 25% en Suède. Qu'il y ait eu, ou non, des restrictions, les gens ont réduit leurs achats. Il apparaît que c’est l’épidémie elle-même qui a effrayé les consommateurs.

Variations selon l'âge

Derrière ce premier constat se cachent toutefois de fortes variations selon l'âge. Chez les jeunes adultes (18-29 ans), les restrictions du gouvernement ont eu un impact réel: les jeunes Danois ont beaucoup moins dépensé que les jeunes Suédois.

En revanche, les personnes âgées au Danemark ont été rassurées par les mesures de semi-confinement imposées par le gouvernement. Elles ont davantage dépensé que les seniors de plus de 70 ans en Suède qui, eux, se sont sentis en danger.

>> L'analyse de John Plassard, spécialiste en investissement auprès de la banque Mirabaud, dans le 12h30:

John Plassard.
- DR
Le 12h30 - Publié le 22 mai 2020

Sandrine Hochstrasser/kkub

Publié le 22 mai 2020 à 13:33 - Modifié le 23 mai 2020 à 21:27