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Des élus veulent porter secours aux commerçants, en situation critique

Premières victimes de la crise du coronavirus, les commerçants, les indépendants ont dû fermer boutique, témoignages [RTS]
Des élus veulent porter secours aux commerçants, en situation critique / La Matinale / 1 min. / le 27 avril 2020
Une commission parlementaire veut forcer la main du Conseil fédéral pour que les commerçants soient exemptés de 70% de leur loyer tant que l'Etat les oblige à rester portes closes. Pour beaucoup d'indépendants, la situation devient critique.

Jusqu'ici, le gouvernement n'est pas entré en matière sur les loyers commerciaux: il encourage locataires et propriétaires à trouver des solutions à l'amiable.

Les négociations avec les bailleurs ne portent toutefois que rarement leurs fruits. C'est en tout cas ce que souligne la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national, qui a déposé une motion. Pour aider les commerçants, elle propose donc de limiter leurs loyers à 30% du montant habituel.

"Une question de survie"

Pour le socialiste Samuel Bendahan, il s'agit d'un premier pas dans la bonne direction.

"C'est une question de survie pour ces entreprises et c'est évident que c'est insuffisant. En théorie, si le commerçant n'a aucun revenu pendant une période, c'est logique aussi que les propriétaires n'aient pas de revenu non plus. Surtout s'ils n'ont pas de charges à payer", explique-t-il lundi dans La Matinale.

La motion de la commission pourrait être débattue début mai lors de la session extraordinaire du Parlement.

Fonds pour les propriétaires

Les propriétaires, la commission ne les oublie pas: le Conseil fédéral créerait un fonds de 20 millions de francs pour compenser les pertes de ceux qui sont en difficulté. Mais à droite, cette solution ne convainc pas, parce qu'elle ne tient pas compte des situations individuelles.

"Il y a des locataires qui, compte tenu de la crise, ne sont pas forcément en mesure de payer 30% des loyers dus. Et il y a des bailleurs qui ont besoin d'encaisser davantage que 30%. Il faut davantage tenir compte de la réalité financière de chaque locataire et bailleur. Une solution indifférenciée ne peut que conduire à de l'arbitraire et à de l'injustice", estime Olivier Feller, conseiller national PLR et directeur de la Chambre vaudoise immobilière.

Pour Olivier Feller, il faut donc privilégier les négociations à l'amiable, et les cantons ont aussi un rôle à jouer. En Suisse romande, Fribourg, Genève et Vaud ont d'ailleurs déjà annoncé des aides pour les loyers commerciaux.

Marielle Savoy/gma

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