Modifié le 04 septembre 2019 à 10:37

Le sort de l'accord entre l'UE et le Mercosur toujours plus incertain

Les dirigeants des pays du Mercosur (Chili, Uruguay, Brésil, Argentine, Paraguay, Bolivie).
Le sort de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur de plus en plus incertain La Matinale 5h - 6h30 / 1 min. / le 04 septembre 2019
Paris refuse de ratifier le traité de libre-échange avec le Mercosur pour non-respect des engagements environnementaux du Brésil. Une position qui divise l'Union européenne: Londres et Berlin ont déjà pris leurs distances avec la France.

A Bruxelles, une porte-parole de la Commission européenne a reconnu lundi qu'il est "difficile d'imaginer une ratification harmonieuse par les Etats membres, si la forêt amazonienne continue à brûler." Londres et Berlin continuent de soutenir un accord qui ouvre de nouveaux débouchés commerciaux, notamment pour les voitures allemandes. Pour les défenseurs de l’environnement, la France montre la voie à suivre: utiliser le commerce comme un levier.

"Pour un acteur commercial aussi important qu'est l'Europe, qui reste le premier acteur sur la scène internationale, c'est un moyen de pression très important", explique Geneviève Pons, de l’Institut de recherche Jacques Delors.

Concilier commerce et environnement

Le débat dépasse le cas du Mercosur. La France refuse de négocier un accord commercial avec les Etats-Unis depuis leur retrait de l’accord de Paris sur le climat. Jusqu’à présent, les Européens se sont plutôt retenus de lier leur politique commerciale à d’autres considérations. Mais le contexte a changé au profit d'une conscience plus verte.

"Les Européens veulent aller vers la neutralité carbone, vers des politiques et des industries beaucoup plus écologiques, et veulent en même temps développer le commerce international", analyse Eric Maurice de la Fondation Schuman, un think tank pro-européen. "Donc, pour conserver une compétitivité de l’économie européenne, il faut se préserver du dumping des autres pays. Et donc, si on s’impose des contraintes écologiques, il faut aussi s’assurer que les autres n’aient pas un avantage compétitif par le non-respect de ces contraintes écologiques."

Mais les Etats membres sont-ils prêts à renoncer à l’ouverture commerciale si leurs partenaires ne suivent pas? À Bruxelles, on veut croire qu’on peut avoir à la fois le commerce et le respect de l’environnement.

Guillaume Meyer/ani

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Publié le 04 septembre 2019 à 09:42 - Modifié le 04 septembre 2019 à 10:37