Modifié le 09 juillet 2019 à 20:41

Guy Parmelin au Japon en vue d'actualiser l'accord de libre-échange

Le conseiller fédéral Guy Parmelin.
Accord de libre-échange Suisse-Japon à renégocier: interview de Guy Parmelin Forum / 4 min. / le 08 juillet 2019
A la tête d'une mission économique et scientifique, le conseiller fédéral Guy Parmelin a entamé lundi un voyage au Japon et au Vietnam. Il doit convaincre notamment Tokyo de renégocier l'accord de libre-échange de 2010.

La Suisse était à l'époque le premier pays européen à signer un tel accord avec ce partenaire privilégié en Asie. Mais elle s'est fait rattraper, voire dépasser, il y a quelques mois par l'Union européenne. "Depuis l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre l'UE et le Japon en février 2019, les entreprises suisses sont désavantagées", estime ainsi Martin Herb, président de la Chambre commerciale, qui fait partie du voyage.

Présidente du groupe parlementaire Suisse-Japon, la conseillère nationale Elisabeth Schneider-Schneiter (PDC/BL) relève que l'avantage concurrentiel helvétique a désormais disparu. Elle demande depuis fin 2017 que le Conseil fédéral renouvelle l'accord, de manière à assurer aux entreprises helvétiques au minimum un accès au marché japonais qui équivaudrait aux conditions faites aux entreprises venant de l'UE.

>> Regarder le sujet du 19h30:

Guy Parmelin s'est rendu au Japon avec une délégation économique et scientifique en vue d'actualiser l'accord de libre-échange
19h30 - Publié le 09 juillet 2019

Nécessiter de moderniser l'accord

Interrogé lundi soir dans l'émission Forum, le chef du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) explique vouloir "moderniser" ce document qu'il juge cependant "bon" et "toujours d'actualité."

"Il couvre de très nombreux aspects (...) Mais il y a dix ans, certaines technologies n'existaient pas encore, certains développements économiques non plus. Et on voit que dans certains secteurs, nous sommes moins bien couverts qu'auparavant", explique-t-il.

Le conseiller fédéral vaudois reconnaît que les entreprises suisses peuvent être désormais désavantagées par rapport aux entreprises européennes. "Mais ce n'est pas que nos négociateurs ont mal négocié il y a dix ans", précise-t-il. "Il y a eu des évolutions foudroyantes dans certains secteurs et maintenant il convient d'analyser les points essentiels qu'il s'agit d'améliorer. C'est l'objectif principal de mon déplacement au Japon."

Identifier les points à renégocier

Il ne s'agit pas nécessairement de "copier" l'accord de libre-échange entre le Japon et l'UE. "D'entente avec nos partenaires japonais, nous allons analyser des deux côtés où il est possible d'améliorer cet accord", souligne-t-il. "C'est ce que mes rencontres aux ministères de l'Economie, de l'Agriculture, de l'Education ou de la Recherche par exemple ont montré (...) Il y a une ouverture, mais maintenant il faut travailler des deux côtés pour identifier précisément les points qui doivent être renégociés."

>> Les explications de Georges Baumgartner dans le 19h30:

George Baumgartner: "Renégocier l'accord sur le libre-échange avec la Suisse, ce n'est pas une priorité pour le Japon"
19h30 - Publié le 09 juillet 2019

Propos recueillis par Elisabeth Logean

Adaptation web: oang avec ats

Publié le 08 juillet 2019 à 18:43 - Modifié le 09 juillet 2019 à 20:41

Potentiel à développer avec le Vietnam

Berne veut aussi développer ses échanges avec le Vietnam, où se rendra ensuite Guy Parmelin.

En 2018, le volume commercial annuel avec la Suisse s’est élevé à environ 2 milliards de francs, ce qui représente une hausse de quelque 5%. Le Vietnam est ainsi le 4e partenaire commercial de la Suisse parmi les pays d’Asie du Sud-Est.

Interrogé dans Forum sur la question des droits de l'homme dans ses futures discussions, le ministre de l'Economie rappelle sobrement que "l'on parle toujours de tout." Le Vietnam a aussi signé un accord de libre-échange avec l'Union européenne, rappelle-t-il, "donc il respecte aussi certains standards internationaux."

"Nous allons voir ce qu'il est possible de faire, analyser la situation aussi sur place", assure-t-il. "Je vais aussi visiter un programme que nous développons et qui s'intitule "Better work", soutenu par l'Organisation internationale du travail et par la Suisse, ce qui montre qu'on se préoccupe des conditions de travail par exemple."