Modifié le 19 juin 2019 à 18:52

Le réseau social Facebook se lance dans l'arène des monnaies virtuelles

Facebook étend ses activités aux paiements. Le groupe californien lève le voile sur sa cryptomonnaie "la libra".
Facebook étend ses activités aux paiements. Le groupe californien lève le voile sur sa cryptomonnaie "la libra". 19h30 / 2 min. / le 18 juin 2019
Facebook serait sur le point de faire entrer les cryptomonnaies dans le quotidien de ses usagers grâce à "Libra", une monnaie virtuelle censée permettre d'acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané.

En s'attaquant, dix ans après le bitcoin, au sulfureux domaine des cryptomonnaies, régulièrement sous le feu des projecteurs du fait de piratages et d'accusations de blanchiment d'argent, Facebook se lance un défi de taille, tant il fait lui-même l'objet d'une grave crise de confiance après une série de scandales autour de sa gestion des données personnelles.

Exclus du système bancaire

"Libra" doit offrir à partir du premier semestre 2020 un nouveau moyen de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels: elle se veut la pierre angulaire d'un tout nouveau écosystème financier sans la barrière des différentes devises, un outil susceptible d'intéresser notamment les exclus du système bancaire, dans les pays émergents par exemple.

Les usagers disposeront sur leur smartphone d'un porte-monnaie numérique, "Calibra" - directement intégré par Facebook à ses services Messenger et WhatsApp -, pour faire leurs achats, envoyer ou recevoir de l'argent, ont expliqué des responsables du projet.

Tournant pour le secteur

Mais "Libra" est un système "ouvert": son code informatique est libre de droits, ce qui signifie que tout développeur, entreprise ou institution peut l'intégrer à ses services.

L'arrivée de Facebook dans cette arène bouillonnante que sont les cryptomonnaies pourrait être un "tournant" pour ce secteur, selon Lou Kerner, investisseur et spécialiste reconnu des cryptomonnaies, car cela pourrait les populariser auprès du grand public.

Elle illustre aussi la volonté du réseau social de se diversifier au-delà de la publicité en ligne, la base de son modèle économique, lui-même fondé sur les données personnelles.

>> Faut-il avoir peur de la monnaie virtuelle de Facebook? Interview d'Olivier Depierre, avocat à Genève

Olivier Depierre, avocat et spécialiste de la blockchain.
DR
Forum - Publié le 19 juin 2019

ats/pym

Publié le 18 juin 2019 à 12:03 - Modifié le 19 juin 2019 à 18:52

Entité indépendante basée à Genève

Bien conscient d'être attendu au tournant, le groupe américain a aussi décidé de confier la gestion de "Libra" à une entité indépendante, basée à Genève et composée d'entreprises comme les émetteurs de cartes bancaires Mastercard et Visa, les services de paiement Stripe et PayPal, les entreprises de réservation de voitures Lyft et Uber, ou encore le réseau Women's World Banking.

Cela servira aussi à garantir la stabilité de cette nouvelle monnaie virtuelle, de façon à ce qu'elle échappe aux énormes fluctuations ayant contribué à ternir l'image de cryptomonnaies comme le bitcoin.