Modifié le 15 mai 2019 à 15:20

Produire trop sucré pourrait nuire au résultat des entreprises

Des canettes de sodas dans un magasin de Paris.
Une étude présente le sucre comme le nouveau risque majeur pour le secteur de l'alimentation et des boissons La Matinale / 1 min. / le 15 mai 2019
Une étude publiée mardi par Candriam, une société de gestion d'actifs paneuropéenne, présente le sucre comme le nouveau risque majeur pour les entreprises présentes dans le secteur de l'alimentation et des boissons.

Alors que la durabilité devient un critère de plus en plus important dans les investissements, le sucre pourrait suivre le même chemin. On sait déjà qu'il est mauvais pour la santé, mais il pourrait aussi devenir l'ennemi des investisseurs.

Selon Solange Le Jeune, auteure de l’étude, deux phénomènes laissent penser que la tendance actuelle pourrait s’inverser: il y a tout d’abord un changement d'attitude des consommateurs, mais aussi une accélération des réglementations visant à réduire la consommation de glucose.

"La réglementation sur le sucre a pris plusieurs formes ces dernières années, avec notamment l’accélération des taxes. Cela prend aussi d'autres configurations: labellisation, ou information au consommateur des ingrédients et notamment des conteneurs en sucre. Il y a aussi un changement au sein des entreprises qui concerne leurs stratégies marketing qui doivent être plus raisonnables et adaptées à leur audience."

Ne pas louper le virage

Toute cette industrie n'est pas destinée à mourir pour autant. Il s'agit maintenant pour elle d'amorcer le virage vers des produits plus sains, ce qui nécessitera des investissements importants. "On voit apparaître un certain nombre d'acteurs qui se positionnent sur une innovation alimentaire et qui offrent des produits sans sucres ajoutés et avec plus de qualités nutritionnelles", explique Solange Le Jeune.

Selon la responsable de l’étude, les entreprises existantes tentent aussi de se repositionner en s’approchant de nouveaux acteurs, ou en étoffant leur portefeuille avec de nouveaux produits.

Des sociétés suisses ont été jugées à risque par cette étude. Il s'agit de Lindt et Barry Callebaut, alors que le risque est considéré comme moyen pour Nestlé.

cf/jfe

Publié le 15 mai 2019 à 15:16 - Modifié le 15 mai 2019 à 15:20

La "taxe soda" a fait son effet à Philadelphie

Les ventes de boissons sucrées et édulcorées ont chuté de 38% dans la ville américaine de Philadelphie depuis qu'une taxe spéciale y a été imposée en janvier 2017. Ces taxes visent à dissuader la consommation de boissons dont la teneur en sucre est liée aux problèmes de santé publique comme l'obésité et le diabète, en particulier chez les enfants et adolescents.

A Philadelphie, ville de 1,6 million d'habitants sur la côte Est des Etats-Unis, la taxe est d'environ 50 cents de dollar par litre (1,5 cent par once liquide). Les commerces ont plus ou moins répercuté la taxe, et dans les rayons, les prix des bouteilles ont augmenté en moyenne de 24 à 53 cents l'unité.

Les ventes à Philadelphie ont chuté de moitié en volume en 2017 par rapport à 2016. Les consommateurs ont partiellement compensé en se rendant dans les magasins frontaliers, où les ventes ont au contraire augmenté.

Pour s'assurer que la baisse est bien due à la taxe, les chercheurs ont comparé Philadelphie à Baltimore, sans taxe: là-bas, les ventes sont restées stables.

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