Modifié le 27 mars 2019 à 16:23

Le télétravail est-il écologique?

Le télétravail.
Le télétravail est-il écologique? Débat entre Pierre Imhof et Patrick Rérat Forum / 7 min. / le 26 mars 2019
Alors que près de 20% de la population suisse travaille régulièrement depuis son domicile, le télétravail ne réglera pas forcément les problèmes de saturation du trafic.

Quelque 3,7 millions de personnes se déplacent chaque jour en Suisse pour rejoindre leur lieu de travail. Alors, travailler depuis chez soi, sans avoir à subir les bouchons ou les trains bondés, c'est un rêve qui devient, de plus en plus, une réalité en Suisse.

En 2017, les télétravailleurs représentaient 22,4% de la population active, contre 6,7% en 2001.

Les administrations cantonales encouragent désormais le télétravail: notamment le Jura et le canton de Vaud. Le Service vaudois du développement territorial fait même office de pionnier en la matière. Non sans une certaine fierté. Comme en témoigne cette vidéo, mise en ligne en janvier sur son site internet...

La mesure séduit: 60% des collaborateurs du département se sont lancés dans le télétravail. Pierre Imhof, chef du Service vaudois du développement territorial, explique dans l'émission Forum qu'"il y a ceux qui habitaient loin et qui font moins de déplacements, mais également ceux qui y trouvent un meilleur moyen de concilier vie professionnelle et vie de famille."

Un potentiel de mobilité accru

Moins de pendulaires dans les transports, c'est moins de monde aux heures de pointe, moins de voitures sur les routes, moins de CO2 dans l'atmosphère.

Pour Patrick Rérat, professeur de géographie des mobilités à l'Université de Lausanne, le portrait n'est pas forcément aussi idyllique. Il y a des effets pervers. "On a beaucoup investi dans les infrastructures routière et ferroviaire en Suisse. Ce potentiel de mobilité a permis aux gens d'habiter de plus en plus loin de leur lieu de travail." Concrètement, le risque est de rendre plus acceptables les longs déplacements pour ceux qui font du télétravail deux ou trois jours par semaine.

"Est-ce que les télétravailleurs se répartissent de manière uniforme sur les cinq jours de la semaine? Ou est-ce qu'ils se concentrent sur les vendredis, pour commencer un peu le week-end? Ou sur le mercredi pour s'occuper des enfants? On va donc régler le problème de congestion du trafic le vendredi ou le mercredi. Mais rien ne changera pour les autres jours."

Propos recueillis par Tania Sazpinar et Esther Coquoz

Adaptation web: Pascal Wassmer

Publié le 27 mars 2019 à 16:22 - Modifié le 27 mars 2019 à 16:23