Modifié le 21 mars 2019 à 20:49

Baselworld, toujours à l'heure du régime, cherche à se réinventer

Baselworld ouvre ses portes, mais le salon de l'horlogerie est en crise: exposants moins nombreux et public en baisse
Baselworld ouvre ses portes, mais le salon de l'horlogerie est en crise: exposants moins nombreux et public en baisse 19h30 / 2 min. / le 21 mars 2019
La grande foire de l'horlogerie ouvre ses portes jeudi à Bâle. Sans le Swatch Group et avec 500 exposants, contre 1400 il y a encore cinq ans. Pour Jean-Claude Biver, patron des montres du groupe LVMH, la manifestation doit évoluer.

Pendant une semaine, le traditionnel salon annuel de l’horlogerie et de la bijouterie va tenter de redorer son blason, après le désintérêt de plusieurs fleurons comme le Swatch Group et ses 18 marques. Un peu plus d'un demi-millier d'exposants, dont 108 suisses, présentent leurs nouveautés. C'est nettement moins que ces dernières années: "Je pense que nous avons touché le fond avec 500 exposants", a reconnu Michel Loris-Melikoff, le directeur de la foire, lors de la conférence de presse d'ouverture.

Force est de constater que le rendez-vous a perdu de son faste. En gare de Bâle, pratiquement plus aucune publicité n'y fait référence. Sur place, les décorations florales qui participaient à l'ambiance de la place de la Messe durant l'événement ont disparu, tout comme les bars et autres lounges. La Halle 2, dont la façade est ornée par l’horloge bien connue de la Messe, est totalement inoccupéee. Et les journalistes ont été transférés dans ce qui était auparavant la plus prestigieuse des halles, la 1: ils occupent désormais une partie de l’espace qui était réservé au Swatch Group.

>> Ecouter le sujet de Forum à la veille de l'ouverture de l'édition 2019

Baselworld ouvre ses portes le 21 mars 2019 pour une nouvelle édition.
Georgios Kefalas - Keystone
Forum - Publié le 20 mars 2019

S'adapter au XXIème siècle

L'organisateur a dû se creuser la tête pour attirer des exposants. Des stands de quelques mètres carrés ont été proposés à des petits fabricants pour quatre fois moins cher que par le passé. Parmi les marques restées fidèles, celles du groupe LVMH (Hublot, Tag Heuer ou encore Zenith) et sa figure emblématique, aujourd’hui président non exécutif de la division montres, Jean-Claude Biver.

Jean-Claude Biver

Baselworld aura toute sa raison d'être lorsque le salon se sera adapté au XXIème siècle

Jean-Claude Biver, patron de la division montres du groupe LVMH

Baselworld a-t-elle encore une bonne raison d'exister? "La manifestation aura toute sa raison d'être lorsqu'elle se sera adaptée au XXIème siècle", lance Jean-Claude Biver jeudi au micro de La Matinale de RTS. "On ne peut plus n'avoir que des stands de montres. Il faut faire venir d'autres exposants, notamment des gens qui font du vintage ou de grandes maisons d'enchères".

Trop cher pour le grand public

"Il faut aussi amener du public, donner l'occasion à des enfants, à des familles de venir le dimanche", s'exclame Jean-Claude Biver. Cette figure de l'horlogerie déplore le prix d'entrée de la foire, soit 60 francs si le billet est acheté sur place. "Quand on aura revu tout ça, probablement que Bâle va renaître".

>> Ecouter l'interview de Jean-Claude Biver dans la Matinale de RTS La Première:

Michel Loris-Melikoff, patron de Baselworld, pendant la conférence de presse d'ouverture de la foire
Georgios Kefalas - Keystone
La Matinale - Publié le 21 mars 2019

L'édition 2019 n'est pourtant pas réfractaire aux évolutions. La nouvelle direction du salon a fait appel à une agence de Munich pour la communication. Pour cette année, elle annonce une édition de transition, avant un nouveau concept promis en 2020. La direction veut faire de l’exposition une plate-forme d’expérience, avec des présentations au quotidien sur les nouvelles tendances, sous forme de "fashion show". L'harmonisation des dates avec le Salon International de la Haute Horlogerie de Genève, là aussi dès 2020, suscite également des espoirs.

De quoi retrouver les chiffres records de 2014, quand 150'000 personnes, essentiellement des professionnels de la branche, avaient fréquenté le salon? "Même s'il y a moins de visiteurs cette année, ça ne signifie pas que les nouvelles idées sont mauvaises! C'est sur les idées de demain qu'il faudra décider de rester, pas sur les résultats d'aujourd'hui", conclut Jean-Claude Biver.

>> Les précisions de Nicolas Rossé dans le 12h45:

Baselworld ouvre ses portes dans un contexte difficile. Le salon doit se renouveler. Les précisions de Nicolas Rossé
12h45 - Publié le 21 mars 2019


Sujet radio: Gaël Klein

Adaptation web: Vincent Cherpillod

Publié le 21 mars 2019 à 08:47 - Modifié le 21 mars 2019 à 20:49