Modifié le 29 janvier 2019 à 10:07

La Suisse affiche encore de "graves lacunes" dans la lutte anticorruption

Des billets de francs suisses (image d'illustration).
La Suisse bien notée pour la faiblesse de la corruption dans son secteur public La Matinale / 1 min. / le 29 janvier 2019
Malgré de "graves lacunes", la Suisse demeure bien notée au niveau de l'indice de perception de la corruption de Transparency International. Mais les diverses affaires qui ont secoué le pays pourrait faire changer la donne l'an prochain.

L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2018 reste inchangé pour la Suisse qui partage le troisième rang avec la Finlande, la Suède et Singapour, derrière le Danemark et la Nouvelle-Zélande, mais est néanmoins encore très loin du sans-faute.

La Suisse figure dans les dix premières places du classement de Transparency International depuis plusieurs années. En 2018 comme en 2017, elle a totalisé 85 points sur 100. Il est toutefois précisé qu'aucun pays ne peut s’enorgueillir d’un secteur public exempt de corruption.

Les banques suisses épinglées

Même les Etats les mieux classés sont loin d’être irréprochables: "Dans certaines études, la Suisse se situe à plus de 20% des notes maximales", précise Transparency International mardi dans un communiqué.

"La Suisse affiche de graves lacunes dans des domaines-clés de la lutte anticorruption qui ne sont pas pris en compte dans l’indice, tels que le blanchiment d’argent, la protection des lanceurs d'alerte ainsi que la corruption dans le secteur privé et le sport", ajoute l'ONG.

Les banques suisses ainsi que d'autres intermédiaires et facilitateurs financiers jouent régulièrement un rôle important dans le blanchiment d'argent et de corruption, tels que ceux liés au scandale 1MDB en Malaisie ou Odebrecht et Petrobas au Brésil.

En jaune clair, les pays les moins corrompus selon l'IPC, et en rouge les plus corrompus.
En jaune clair, les pays les moins corrompus selon l'IPC, et en rouge les plus corrompus. [ - transparency.org]

Les affaires de 2018 pourraient peser l'an prochain

L'indice 2018 ne tient pas compte de l’actualité des douze derniers mois, qu’il s’agisse, en Suisse par exemple, de voyages controversés à l’étranger effectués par des magistrats, des notes de frais excessives ou de la levée de l’immunité de responsables politiques à des fins d’instruction pénale pour soupçons de corruption.

Pour Martin Hilti, directeur de Transparency International Suisse interrogé mardi dans La Matinale de la RTS, ces affaires pourraient peser sur la note de la Suisse l'an prochain: "Il existe des allégations de cas vraiment graves et déjà le soupçon qu'un politicien est corrompu est un poison pour la démocratie." A ses yeux, il faut surtout agir en Suisse au niveau de la sensibilité portée aux conflits d'intérêts.

Autre domaine dont l'indice ne tient pas compte: le financement des partis politiques. L'initiative "Pour plus de transparence dans le financement de la vie politique" a récemment été lancée en vue de contraindre les partis à communiquer chaque année leur bilan et leur compte de résultat, ainsi que l’origine de tous les dons d’une valeur supérieure à 10'000 francs.

boi avec ats

Publié le 29 janvier 2019 à 10:04 - Modifié le 29 janvier 2019 à 10:07

Qu'est-ce que l'IPC?

L’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International s’appuie sur 13 enquêtes et évaluations pour mesurer la corruption du secteur public dans 180 pays et territoires, en attribuant à chacun un score allant de zéro (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu).

L’indice ne tient dès lors pas compte de la perception de la corruption par la population ni des problèmes de corruption rencontrés dans le secteur privé ou dans d’autres milieux.