Modifié le 10 janvier 2019 à 18:17

L'industrie automobile anglaise aborde le Brexit comme un virage dangereux

Une Rolls Royce au Salon de Genève en 2016.
Suppressions de postes annoncées dans le secteur automobile, notamment britannique Le Journal horaire / 28 sec. / le 10 janvier 2019
Jaguar Land Rover annonce une réduction d'effectifs de 10%, Rolls-Royce constitue des stocks de pièces détachées, Aston Martin se prépare aussi à des turbulences. L'industrie automobile aborde le virage du Brexit dans l'incertitude.

Jaguar Land Rover (JLR), premier constructeur automobile britannique, a annoncé jeudi qu'il allait réduire d'environ 10% ses effectifs, essentiellement en Grande-Bretagne, pour faire face au ralentissement du marché en Chine et au plongeon de la demande pour les véhicules diesel.

JLR, qui, comparativement à tout autre constructeur automobile, produit une proportion plus élevée de ses véhicules en Grande-Bretagne, a aussi consacré des sommes importantes à la préparation du Brexit, qui pourrait entraîner l'instauration de contrôles douaniers.

"Nous prenons des mesures énergiques pour contribuer à parvenir à une croissance de long terme face aux multiples perturbations géopolitiques et réglementaires et aux défis technologiques auxquels est confronté le secteur automobile", a déclaré Ralf Speth le directeur général de JLR.

Il avait dit en septembre dernier qu'un mauvais accord sur le Brexit pourrait entraîner la destruction de dizaines de milliers d'emplois dans le secteur automobile britannique.

Rolls-Royce va fermer temporairement une usine

La prestigieuse marque de luxe Rolls-Royce a, quant à elle, réalisé des ventes record en 2018, mais elle se prépare à des perturbations liées au Brexit.

Dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche publié jeudi, le directeur général de Rolls-Royce, Torsten Müller-Ötvös, annonce que son usine de Goodwood dans le sud de l'Angleterre va fermer deux semaines début avril pour éviter tout problème dans la chaîne d'approvisionnement.

"Nous avons plus de 600 fournisseurs à travers le monde. Si seulement il nous manquait une fraction des quelque 32'000 pièces qui arrivent chaque jour, la production s'arrêterait dans notre usine de Goodwood" employant désormais plus de 2000 personnes, explique-t-il.

Solutions alternatives

Le dirigeant reconnaît travailler sur des solutions alternatives qui pourraient réduire sa dépendance au transport routier, prévoyant par exemple de faire venir des pièces détachées par les airs. Cette solution a d'ailleurs déjà été évoquée par le constructeur de voitures de sport Aston Martin.

Rolls-Royce a par ailleurs constitué davantage de stocks de pièces détachées, agrandi ses espaces de stockage et investi dans les services informatiques.

Le patron n'a toutefois pas exclu des conséquences sur ses ventes au Royaume-Uni, qui représentent 10% du total, en cas de Brexit "dur" et de son impact sur le comportement des acheteurs potentiels.

agences/pym

Publié le 10 janvier 2019 à 18:12 - Modifié le 10 janvier 2019 à 18:17

Ford supprime des milliers d'emplois en Europe

Ford a également annoncé jeudi la suppression de milliers d'emplois, d'éventuelles fermetures d'usines et l'arrêt de la production de véhicules non rentables dans le cadre du redressement de ses activités en Europe, où le constructeur américain veut atteindre une marge opérationnelle de 6%.