Modifié le 19 novembre 2018 à 13:08

La Suisse s'active pour que la Bourse garde son accès au marché européen

La bâtiment de la bourse suisse à Zurich.
Sans accord institutionnel avec l'UE, la Bourse suisse perdra son accès au marché européen en janvier La Matinale / 2 min. / le 19 novembre 2018
Si les négociations en vue d'un accord-cadre institutionnel entre la Suisse et l'Union européenne ne progressent pas, l'UE menace de couper l'accès de la Bourse suisse au marché européen le 31 décembre prochain.

Comme cet accord se heurte à de solides oppositions sous la coupole fédérale, le Conseil fédéral doit trouver des alliés dans l’Union européenne pour protéger la Bourse.

A l'approche de la date fatidique, le lobbying s'intensifie à Bruxelles. Le gouvernement suisse aimerait capitaliser sur le malaise de certains Etats membres, notamment l'Allemagne, exprimé en décembre dernier lorsque l'Union européenne (UE) a décidé de limiter à un an l'accès des investisseurs européens à la Bourse suisse, la fameuse équivalence boursière.

>> Lire aussi: Onze pays européens volent au secours de la Suisse sur l'équivalence boursière

Cette décision avait un côté arbitraire, explique l'eurodéputé conservateur bavarois Markus Ferber: "L'Union européenne est une communauté de droit. Ça veut dire que quand les critères sont remplis, il faut accorder l'équivalence." Et le Bavarois d'illustrer son malaise: "Vous ne pouvez pas donner une équivalence illimitée à des petites places boursières mal réglementées aux Etats-Unis, tout en limitant à un an l'équivalence de la Bourse de Zurich, qui est sévèrement réglementée. Pour moi, c'est inacceptable."

Le ministère allemand des Finances avait d'ailleurs officiellement protesté, en janvier dernier. Mais ça risque de ne pas suffire.

La volonté politique des Suisses mise en doute

Fondamentalement, les Allemands veulent cet accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne. Mais comme d'autres en Europe, ils doutent de la volonté politique des Suisses.

Pour l'eurodéputé allemand Andreas Schwab, membre de la CDU d'Angela Merkel, même si les méthodes de la Commission ne sont pas totalement orthodoxes, la fin peut justifier les moyens. "On ne peut pas se baser uniquement sur le droit, il s'agit aussi de politique", estime-t-il. "Le débat sur l'accord-cadre est tellement long qu'à un certain stade, aussi des pays voisins qui veulent soutenir la Suisse comprennent qu'il faut trancher."

Est-ce que pour autant, les Allemands vont se mouiller pour l'équivalence boursière? Berlin ne donne aucune garantie.

"Nous avons encore le temps", nous a confié une source allemande. L'année dernière, la décision d'équivalence a finalement été prise juste avant Noël.

Guillaume Meyer/ebz

Publié le 19 novembre 2018 à 09:38 - Modifié le 19 novembre 2018 à 13:08

L'initiative sur l'autodétermination, une "option pas très positive" pour la Suisse

Interrogé sur l'initiative de l'UDC pour l'autodétermination, soumise au vote le 25 novembre, l'eurodéputé allemand Andreas Schwab estime que les Suisses ont toujours su prendre en compte leurs voisins.

"Je suis optimiste sur le fait qu'ils vont donner le signal de vouloir rester souverains, mais en prenant compte l'interdépendance avec les autres. C'est nécessaire pour tous les pays, et pas que la Suisse."

Si l'initiative était acceptée, "la Suisse pourra faire comme elle veut, c'est un pays souverain", soutient le membre de la CDU d'Angela Merkel. "Mais si vous faites comme vous voulez, peut-être que plus personne ne voudra travailler avec vous."

L'eurodéputé avertit que l'acceptation de l'initiative pourrait ainsi "priver les entreprises suisses de l'accès au marché unique, et pousser des travailleurs de l'UE à rentrer au pays. En Allemagne, nous serions heureux de récupérer tant de médecins partis en Suisse."

>> Ecouter les propos de l'eurodéputé européen Andreas Schwab: