Modifié le 18 juillet 2015 à 01:21

Quatre Chedid, une famille, tout un orchestre

Louis, Anna, Joseph et Matthieu Chedid sur la scène de l'Auditorium Stravinski de Montreux.
Louis, Anna, Joseph et Matthieu Chedid sur la scène de l'Auditorium Stravinski de Montreux. [Lionel Fusin - FFJM]
Réunis vendredi sur la scène de l'Auditorium Stravinski à l'occasion d'une tournée inédite, Louis, le patriarche, Matthieu, Joseph et Anna, ses enfants, ont conquis le public du Montreux Jazz Festival.

Décor sobre, un énorme panneau blanc au fond de la scène. Et voici l’entrée seule d'Anna, la benjamine. Vêtue d'une robe rétro-chic, arborant un petit air gouailleur, elle entame derrière son clavier "Ce qu’ils deviennent", chanson tirée de son premier album.

A peine perceptible, la pointe de fébrilité s’évapore lorsqu’elle est rejointe sur scène par Joseph à la guitare, puis par Matthieu et, enfin, Louis.

Plus qu'une famille

Les familles de musiciens ne sont pas rares dans le petit monde de la chanson française. Pensez aux Higelin, aux Souchon. Que l’une d’elles se rassemble pour élaborer un spectacle commun, c’est pourtant inédit.

Et plus qu’une famille, c’est tout un orchestre qui se présente au public du "Jazz". Musiciens chevronnés, les quatre membres du clan Chedid intervertissent régulièrement leurs instruments pour (ré)interpréter les chansons de chacun. Pari réussi. Dans un Auditorium Stravinski aux trois quarts plein, les titres des uns et des autres s’enchaînent sans à-coup.

Parenthèses soporifiques

Louis Chedid, 67 ans, c’est 43 ans de carrière et seize disques au compteur. Matthieu (alias -M-), six albums et des salles pleines à craquer au cours des quinze dernières années. Si tous deux viennent de sortir leur premier album, Anna (Nach), 28 ans, et Joseph (Selim), 29 ans, demeurent moins connus et peinent encore à s'affranchir de l'héritage familial.

Malgré cette notoriété inégale, aucun des quatre ne semble vouloir prendre le dessus. Une volonté assumée qui nuit parfois au rythme d’un concert louvoyant entre passages vibrants et parenthèses soporifiques.

Heureusement, cette mise en scène un peu molle laisse de l'espace à la virtuosité et au groove dantesque de Matthieu à la guitare. Sans compter sa descente dans le public pour un furieux "Qui de nous deux".

Ambiance chaleureuse

Après 90 minutes de concert, "Mama Sam" et sa rythmique chaloupée invitent pour la dernière fois une audience conquise à se déhancher.

Mais c’est avec un titre de Louis, "On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime", que se conclut ce concert dans une ambiance intimiste et chaleureuse. La musique chez les Chedid? Assurément une affaire d’amour... familial.

Kevin Gertsch

Publié le 17 juillet 2015 à 22:15 - Modifié le 18 juillet 2015 à 01:21

Un bilan en forme de note positive

La 49e édition du Montreux Jazz se termine sur une note positive. La manifestation a attiré 240'000 festivaliers, soit 30'000 de plus qu'en 2014, année marquée par un été pluvieux.

"Avec 92'000 billets vendus, l'exercice budgétaire est atteint", ont indiqué vendredi les organisateurs dans un communiqué.

Grâce à la météo favorable, les gens se sont pressés sur les quais et les scènes extérieures n'ont pas désempli.