Modifié le 17 juillet 2015 à 14:19

Herbie Hancock et Chick Corea, dialogue à quatre mains à Montreux

Herbie Hancock (à g.) et Chick Corea: duo ou duel au Stravinsky?
Herbie Hancock (à g.) et Chick Corea: duo ou duel au Stravinsky? [Laurent Gilliéron - Keystone]
Trente-huit ans après leur première tournée commune, les légendes du jazz Herbie Hancock et Chick Corea ont excellé jeudi au Montreux Jazz Festival dans une performance à quatre mains très attendue.

Deux pianos à queue se font face dans l'Auditorium Stravinsky. Duel ou duo entre les géants du jazz Herbie Hancock et Chick Corea?

On parlera plutôt de dialogue entre deux pianistes virtuoses, parmi les plus influents du genre. Les ex-membres du Miles Davis Quintet se donnent la réplique au clavier: tantôt ils s'entretiennent, tantôt ils se disputent.

Un échange

Hancock et Corea passent du piano classique au synthétiseur, des envolées effrénées à une atmosphère plus planante, variant les sons et les rythmes devant un public qui retient son souffle.

Les deux pianistes réussiront d'ailleurs à faire chanter quelques notes en choeur et avec justesse à cette audience conquise et disciplinée, lors d'un "bis" aérien.

Sur scène, les deux musiciens parlent peu, outre les remerciements. Mais loin de rester chacun dans leur bulle musicale, ils se sourient souvent, échangent quelques signes et des regards complices. Il faut dire que les Américains partagent une "amitié musicale" depuis plus de cinquante ans.

Expérience acoustique

Ces piliers du jazz, qui cumulent à eux deux une quarantaine de Grammy Awards, sont des habitués du festival lémanique, où ils se sont régulièrement produits individuellement.

Mais cette rencontre s'inscrit dans le cadre d'une tournée mondiale à quatre mains, 38 ans après leur première expérience acoustique en commun, qui avait déjà fait halte à Montreux à 1978.

Et si certains murmurent que le Montreux Jazz Festival s'éloigne de ses fondamentaux, ces retrouvailles au sommet leur auront certainement donné tort.

>> Lire aussi: "J'ai l'impression qu'à Montreux, le jazz est confiné aux petites salles"

>> Herbie Hancock et Chick Corea interprètent "Someday my Prince Will Come" en 1978:

Jessica Vial

Publié le 17 juillet 2015 à 10:00 - Modifié le 17 juillet 2015 à 14:19

Melody Gardot lorgne vers le rock

L'auteur-compositeur-interprète américaine Melody Gardot présente jeudi soir son quatrième album, "Currency of man", inspiré de la vie dans les quartiers marginaux de Los Angeles, sur lequel les sonorités jazz de ses débuts prennent un tournant plus rock.

Ce virage se reflète également dans le look qu'arbore la trentenaire, camouflée derrière des lunettes et un turban noir. L'artiste est aussi connue pour son côté "caméléon", adepte des transformations vestimentaires.

La voix généreuse de Melody Gardot, qui a commencé à composer en 2003 comme thérapie après un grave accident, clôture la soirée du Stravinsky.