Montreux, d'hier à aujourd'hui

L'histoire en images d'un festival mythique, entre passé et présent. Le récit d'Arnaud Robert et Miruna Coca-Cozma

Les divas de Montreux

Il faudrait une vie entière pour raconter un demi-siècle de divas à Montreux. Ella Fitzgerald, Aretha Franklin ou Grace Jones, elles sont toutes venues dans cette salle, quand elle était encore un Casino.

Les divas de Montreux, une clique imparable des élégances et des forces mêlées. Et parfois, les ressemblances des grandes stars venues à Montreux peuvent être saisissantes. Comme des ponts invisibles entre le passé et le présent.

>> Découvrez en images le face à face de Nina Simone avec Lady Gaga, grâce aux archives inédites de la RTS.

MJF Divas [RTS]
RTS en vidéo - Publié le 2 juillet 2015

Hier

Et puis, il y a Nina. Elle, qui se rêvait en première pianiste classique noire. Elle, qui est venue au moins quatre fois à Montreux pour incarner le blues et l'âme de la soul. Séparément et simultanément. Elle, qui vivait à proximité dans un exil relatif et une solitude insondable.

Nina Simone en 1968. [STR - Keystone]Nina Simone en 1968. [STR - Keystone]

Aujourd'hui

Presque quarante ans plus tard, qui est la nouvelle Nina Simone ? Qui est la diva du siècle? L'industrie musicale a changé, aujourd'hui les divas font des selfies sur Instagram. Lady Gaga est peut-être la diva d'aujourd'hui. Une diva pop au style extrême.

Lady Gaga lors d'un concert à New York en 2011. [Charles Sykes - Keystone]Lady Gaga lors d'un concert à New York en 2011. [Charles Sykes - Keystone]

Les coulisses

 

 

 

 

 

1967 – 2015, 49 ans de scènes, de spots, de parterres, de guitares, de jazzeux, de beatniks, de hippies. 49 ans d’instants suspendus, de concerts que Montreux a immédiatement choisi de graver pour que la petite histoire devienne la grande.

 

 

 

 

 

 

Parce qu'un festival n'est pas qu'une scène. C'est une coulisse.

Hier...

Et la coulisse de Montreux est presque aussi célèbre que sa scène. Il y a quarante ans, c’était encore un lieu où une caméra se glissait sans qu’on l’arrête. C’était avant. Avant les conseillers en communication, l’armada des attachés de presse, la froideur d'une carrière calculée, au millimètre près.

Aujourd'hui...

Dans les entrailles de la machine Montreux, tout est question d’image. On peut se dire que tout a changé, oui, que la spontanéité bon enfant des débuts a laissé la place à la gestion scrupuleuse des affaires courantes. Et puis, au bout du couloir, il y a ce moment qui dérape, cette voix qui s’échappe. L’époque est différente...

Et dans le secret des coulisses, il y a des destins. Des destins d'artistes...

MJF Coulisses [RTS]
RTS en vidéo - Publié le 2 juillet 2015

Métamorphose d'un festival mythique

Au départ, ce n’était pas forcément le lieu idéal pour accueillir le plus grand, le plus prestigieux, le plus rock’n’roll des festivals de jazz au monde. La foule des chevelus, barbus, poilus, fumeux, chemisés, campeurs, ravaleurs de funk, de soul, qui débarquaient dans ces quelques kilomètres carrés de calme lacustre.

Claude Nobs avait fait ce pari: "vendre" Montreux, son château, son palace, ses quais aux palmiers frileux, comme l’antichambre parfaite pour la musique du diable.

Tout cela paraît la préhistoire. Quand le Montreux Jazz Festival semblait encore une chose dangereuse. On ne sait pas bien quand tout a changé. Quand le Casino a brûlé en 1971? En 1993, quand le festival prenait possession du Centre des Congrès, temple d’un luxe encore inconnu jusqu’ici? Ou en 2013, ce 10 janvier fatal, où Claude Nobs est parti pour toujours faire du ski de fond avec ses chiens?

>> Découvrez une version inédite de la chanson "Smoke on the water" de Deep Purple, qui évoque l’incendie du Casino de Montreux en 1971.

MJF [RTS]
RTS en vidéo - Publié le 2 juillet 2015

Montreux a changé depuis les vieilles anglaises, les hippies, les bains de nuit tout nus, les drogues en tout genre. Montreux a accompagné les métamorphoses de l’industrie du disque mais aussi de toute la société de Suisse. Si le festival s’est normalisé, s’il ne prolonge pas chaque fois ses nuits brûlantes jusqu’au petit matin, la matière première reste la même: du son, rien que du son.

Hier

Difficile d’imaginer quand Montreux est devenu le JAZZ, cette machine gigantesque qui travaille son histoire et sa propre légende comme un trésor.

The Average White Band avec Ben E. King en 1977 à Montreux [STR - Keystone]The Average White Band avec Ben E. King en 1977 à Montreux [STR - Keystone]

Aujourd'hui

Difficile d’imaginer quand Montreux est devenu le JAZZ, ce moment où un peuple se donne rendez-vous sur les quais, là où la musique est toujours à portée de mains.

La foule investit les quais au bord du lac pour assister aux concerts du festival off [MARTIAL TREZZINI  - KEYSTONE ]La foule investit les quais au bord du lac pour assister aux concerts du festival off [MARTIAL TREZZINI - KEYSTONE ]

Les patrons

Au commencement, il y avait Funky Claude...

Cuistot, fils de boulanger de Territet, employé de l’office du tourisme qui partait à la chasse aux bluesmen à Chicago pour donner à Montreux l’amplitude qui lui manquait. Il se donnait du mal, Claude. Il donnait de sa personne.

Et puis derrière lui, quelqu’un a grandi. Ecole d’hôtellerie, guitare blues, Claude Nobs se reconnaissait étrangement dans ce double inversé. 

Mathieu Jaton et Claude Nobs [Laurent Gillieron - Keystone]Mathieu Jaton et Claude Nobs [Laurent Gillieron - Keystone]

Et puis, il y a ce jour où il reprend l’affaire. Il n’a pas 40 ans. Il reprend l’un des plus gros festivals de musique au monde. On lui a prédit la catastrophe, mais aujourd’hui, plus personne ne doute. Montreux se construit entier sur cette dualité.

La fausse désinvolture concentrée, scrupuleuse, de Claude Nobs.
Le petit ton bureaucratique, déjoué par la passion, de Mathieu Jaton.

>> Découvrez les portraits de Claude Nobs et Mathieu Jaton, deux patrons qui incarnent l'harmonieuse dualité de Montreux.

MJF Patrons [RTS]
RTS en vidéo - Publié le 2 juillet 2015

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Crédits

Journaliste : Arnaud Robert

Montage : Laurent Hauert

Graphisme : Agnès Rubin \ David Dunand

Documentation : Vincent Seriot et l'équipe D+A de la RTS

Réalisation : Miruna Coca-Cozma

Rédaction Culture - RTSInfo - Unité Musiques et Variétés - 2015

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