Publié le 02 octobre 2015 à 16:05

Roger Golay (MCR-MCG): "Nous nous opposons à l'embauche massive d'étrangers"

Roger Golay.
Roger Golay, président du Mouvement citoyen genevois [Lukas Lehmann - Keystone]
Le Mouvement citoyen romand (MCR) n'a qu'un seul représentant à Berne, le MCG Roger Golay. Mais le parti compte bien faire doubler sa députation grâce à sa politique mi-gauche, mi-droite, sociale et anti-frontaliers.

RTSinfo: La problématique des frontaliers est le thème principal de votre campagne, mais est-ce vraiment la principale préoccupation des Genevois? N'est-ce pas plutôt la crise du logement ou les primes maladie élevées?

Roger Golay: Le MCG tient des stands toute l'année et je peux vous assurer que le manque d'emploi est la principale source d'inquiétude, en particulier chez les jeunes. Certains d'entre eux n'ont pas de formation. Si personne ne les engagent, ils seront à l'assistance sociale dans quelques années. Certains patrons abusent et, au lieu de se montrer solidaires, vont chercher des employés bon marché de l'autre côté de la frontière.

Le MCG lutte-t-il aussi contre les Suisses qui habitent en France voisine?

Bien sûr que non. Au même titre que l'on ne s'en prend pas aux Vaudois. Ni même aux étrangers résidant en Suisse. En revanche, nous nous opposons à l'embauche massive d'étrangers venant loin de nos frontières. Certains viennent même de Grenoble! En plus, le low cost empire la situation: actuellement 700 personnes travaillant à Genève habitent Londres!

Etes-vous opposés à la libre circulation?

Dans un monde idéal, ce serait parfait. Mais la population souffre. Au niveau de l'emploi, mais aussi au niveau du logement, des routes saturées et des trains bondés.

Depuis l'acceptation en février 2014 de l'initiative contre l'immigration de masse, de nombreux emplois ont été supprimés en Suisse. Pourquoi soutenir une application stricte du texte?

La diminution de la croissance est générale. Cette crise s'explique par le franc fort et par la baisse des exportations suisses, notamment sur l'Asie. Et la libre-circulation sert surtout aux multinationales.

Les multinationales ne sont-elles pas créatrices d'emplois et de revenus?

Oui, mais ces emplois doivent être attribués à des résidents suisses. Notre pays a d'autres atouts pour attirer ces entreprises: la sécurité, la neutralité et bientôt une meilleure fiscalité grâce à la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III).

Que préconise le MCG pour soutenir l'économie suisse?

Diminuer la bureaucratie pour les entreprises, supprimer les taxes et retarder les taxes écologiques.

Quelles ont été jusqu'ici les propositions du MCG au Conseil national?

Nous avons déposé un postulat contre les employeurs qui engagent au noir du personnel et qui laissent donc à l'Etat la prise en charge des éventuels frais d'hospitalisation. Nous avons aussi déposé une motion pour imposer la préférence nationale dans les administrations publiques. Les deux objets, entre autres, ont été refusés.

Votre vision protectionniste est assez proche de celle de l'UDC. D'ailleurs le MCR fait partie du groupe UDC. Pourquoi ne pas fusionner?

Le MCR défend la population dans son ensemble, et pas seulement les Suisses. En plus, on a une fibre plus sociale. Lors de certains votes, j'ai même peut-être été le "mouton noir" de l'UDC. Par exemple sur les questions de bourses d'étude ou d'assurance maladie.

Que comptez-vous développer à Berne sur la question sociale?

Poursuivre notre travail en faveur des porteurs de prothèses; lutter contre l'AVS pour les couples pour généraliser une AVS individuelle.

Où comptez-vous trouver de nouveaux électeurs? A gauche ou à droite?

L'électorat viendra de partout, dans la foulée des élections municipales de ce printemps, lors desquelles l'Alternative (PS, Verts et Ensemble à Gauche, nldr) a perdu des plumes. On peut donc prendre des voix aux Verts et aux Vert'libéraux car nous soutenons l'énergie durable tout en tenant un discours ferme sur les frontaliers.

Plusieurs affaires ont touché des candidats du MCG. Avez-vous un meilleur contrôle de vos représentants?

Nous avons rencontré des problèmes de jeunesse liés à notre rapide succès. Mais certaines affaires ont aussi été exagérées par la presse.

Propos recueillis par Caroline Briner

Publié le 02 octobre 2015 à 16:05

Questions fermées

RTSinfo: Faut-il passer à un Conseil fédéral à 9 membres?

Non

Faut-il relancer le processus d’adhésion à l’Union européenne?

Non

Faut-il accueillir davantage de migrants?

Non

Faut-il augmenter l’âge de la retraite pour assurer le financement de l’AVS?

Non

Faut-il instaurer une caisse publique d’assurance-maladie?

Oui

Faut-il restreindre le droit d’initiative populaire?

Non

Faut-il sacrifier un peu de liberté individuelle au profit de la sécurité en augmentant la surveillance (écoutes, etc.)?

Oui

Faut-il autoriser les couples de même sexe à adopter?

Non

Faut-il abroger le service militaire obligatoire?

Non

Faut-il doubler le montant de la vignette autoroutière?

Non

Faut-il que l’Etat aide à la formation d’imams en Suisse?

Oui

Faut-il imposer l’apprentissage d’une langue nationale comme première langue à l’école?

Oui

Le MCR-MCG veut gagner un siège

Le Mouvement citoyen romand (MCR) comprend plusieurs sections cantonales, mais seule celle de Genève (MCG, créé en 2005) a un représentant à Berne. Il s'agit du conseiller national Roger Golay, qui a succédé en 2013 à Mauro Poggia, élu au Conseil d'Etat genevois.

Si le mouvement est fortement représenté dans le canton de Genève (le MCG est la 2e force du Grand Conseil, avec 20 députés), il peine à décoller outre-Versoix. Seule la section vaudoise (MCVD) est véritablement active, mais elle ne présente aucun candidat.