Publié le 02 octobre 2015 à 16:09

Marius Achermann (Centre Gauche-PCS): "Nous visons un siège à Berne"

Marius Achermann, président du Centre Gauche - PCS.
Marius Achermann, président du Centre Gauche - PCS. [ - ]
Après avoir perdu son dernier siège au Conseil national en 2011, le Centre Gauche-PCS a pour objectif est de retrouver un mandat à Berne lors des fédérales du 18 octobre, nous dit son président, le Fribourgeois Marius Achermann.

RTSinfo: PCSI, Chrétiens-Sociaux et maintenant Centre Gauche-PCS, votre parti se cherche un nom et une identité depuis quelques années? L'électeur ne risque-t-il pas de s'y perdre un peu?

Marius Achermann (président du Centre Gauche-PCS): Au contraire, avec la nouvelle identité Centre Gauche-PCS, on va arrêter de nous poser la question de où on est situé sur l'échiquier politique. Nous sommes désormais mieux positionnés. Car il faut savoir qu'il existe en Suisse d'autres partis chrétiens-sociaux qui ne nous sont pas affiliés: notamment à Obwald, qui a un élu au National qui siège avec le groupe PDC, et en Haut-Valais, avec le conseiller aux Etats René Imoberdorf, qui est aussi élu à Berne sous la bannière du PDC. Et de toute manière, dans les cantons où nous sommes implantés, les électeurs savent où nous nous situons.

Avec 0,3% des voix en 2011 et la perte du dernier siège, celui qui était occupé par Marie-Thérèse Weber-Gobet à Fribourg, le parti semble en déclin. Quel est votre objectif pour 2015?

Clairement de retrouver un mandat à Berne, même si ce sera difficile.

Où avez-vous le plus de chances? Dans le Jura, vous êtes très présents, mais avec seulement deux élus au National en tout, cela semble compromis...

C'est vrai mais il en va aussi de la visibilité du parti. Le 18 octobre, le Jura élit aussi son Gouvernement et son Parlement et il est clair que l'ambition de la section jurassienne est avant tout de retourner au Gouvernement avec une candidature qui a des chances. Mais les deux candidats au National sont aussi de valeur.

Et qu'en est-il en Valais?

Nous avons une équipe jeune qui a pour but d'obtenir 3% des voix (contre moins de 1% en 2011), ce qui permettrait de maintenir les deux sièges socialistes. Et si un de nos candidats était élu avec le nouveau siège attribué au Valais, ce serait une belle surprise. Et nous avons également une visibilité aux Etats avec notre candidat Robert Métrailler qui figure sur la même liste que le socialiste Thomas Burgener.

Et à Fribourg, où vous aviez votre dernier représentant, les ambitions sont-elles plus importantes?

Là aussi, le but premier est de participer au maintien des trois sièges de gauche. Mais avec des sous-apparentements peu favorables et l'absence de liste PCS en Singine, glaner un siège sera ardu pour nous.

Le Centre Gauche-PCS a-t-il tenté de s'implanter dans d'autres cantons?

Des discussions ont eu lieu, notamment dans le canton de Vaud, mais elles n'ont pas abouti, par manque de temps et d'argent. On préfère ainsi insister sur les cantons où nous sommes déjà présents. Dommage aussi que la section zurichoise n'ait pas lancé de liste, car avec le nombre d'élus, on aurait eu une chance. Nous ne sommes du coup pas présents en Suisse alémanique, ce qui nous enlève toute visibilité nationale. Avant 2011, les médias alémaniques nous sollicitaient et ce n'est plus le cas désormais.

Ne manque-t-il pas un leader fort pour porter le parti?

Il est vrai qu'une personnalité charismatique comme l'ex-conseiller national Hugo Fasel à Fribourg à l'époque est difficile à remplacer. Et que nos candidats sont souvent jeunes et donc encore méconnus.

Aussi un manque de moyens?

C'est sûr! La direction et les membres doivent tous travailler parallèlement à leurs activités politiques, mais c'est le problème de tous les petits partis qui veulent rester indépendants. Mais cela a aussi certains avantages. Nous n'avons pas de soucis avec des lobbys qui veulent nous influencer, on n'est redevables à personne au moment des votes. Et nous n'avons pas d'élus à soutenir, conseiller d'Etat ou conseiller national, donc nous avons une liberté de parole, de proposition, de provocation, que nous pourrions d'ailleurs davantage utiliser. Nous devons en premier lieu être francs et fermes sur les idées.

Et si vous deviez résumer votre programme en quelques mots?

Placer l'humain au coeur des préoccupations! Nous misons sur la justice sociale, la solidarité, le respect de l'environnement, des standards de vie moins élevés et une économie au service de la société et non le contraire.

Un programme socialiste, non?

Nous sommes d'accord à 95% avec le PS, mais si un petit parti a le même programme qu'un grand, ce n'est pas forcément le petit qui a copié le grand. Nous avons souvent émis des propositions qui ont été reprises par d'autres. Ainsi, l'introduction des allocation pour tous les enfants selon le principe "un enfant – une allocation" était l'une de nos idées. Et  la caisse unique est également à la base une idée du PCS Hugo Fasel.

Et quelle est votre position sur l'asile, une thématique propulsée au centre de la campagne durant l'été?

Nous ne voulons pas faire de la politique sur le dos des humains comme le font certains. Mais nous souhaitons une politique d'accueil des migrants ouverte, selon la tradition humanitaire suisse. On peut encore agir, la barque est loin d'être pleine comme on veut parfois nous le dire. Et il faut aussi et surtout agir sur place, ce que l'ONU n'arrive pas à accomplir. Il faudrait en outre que les procédures d'accueil soient simplifiées pour les gens qui ont la volonté d'accueillir des réfugiés. On leur en demande trop aujourd'hui et cela amène de l'eau au moulin de ceux qui veulent tout fermer.

Propos recueillis par Frédéric Boillat

Publié le 02 octobre 2015 à 16:09

En bref

RTSinfo: Faut-il passer à un Conseil fédéral à 9 membres?

Oui

Faut-il relancer le processus d’adhésion à l’Union européenne?

Non

Faut-il accueillir davantage de migrants?

Oui

Faut-il augmenter l’âge de la retraite pour assurer le financement de l’AVS?

Non

Faut-il instaurer une caisse publique d’assurance-maladie?

Oui

Faut-il restreindre le droit d’initiative populaire?

Non

Faut-il sacrifier un peu de liberté individuelle au profit de la sécurité en augmentant la surveillance?

Non

Faut-il autoriser les couples de même sexe à adopter?

Oui

Faut-il abroger le service militaire obligatoire?

Oui

Faut-il doubler le montant de la vignette autoroutière?

Non

Faut-il que l’Etat aide à la formation d’imams en Suisse?

Oui

Faut-il imposer l’apprentissage d’une langue nationale comme première langue à l’école?

Oui

Aucun représentant au Parlement

Longtemps représenté par un ou deux élus sous la Coupole fédérale, le Centre Gauche - PCS, autrefois Parti chrétien-social, a vu son dernier élu être éjecté de Berne lors des élections fédérales 2011. La candidate PCS Marie-Thérèse Weber-Gobet, qui avait remplacé son collègue Hugo Fasel au National, avait été battu par un socialiste pour le 3e siège de gauche.

Le Centre Gauche - PCS n'a également aucun représentant au Conseil des Etats.