Modifié le 28 septembre 2015 à 11:43

Claude-Alain Voiblet (UDC): la Suisse doit "rester libre" dans ses choix

Claude-Alain Voiblet, vice-président de l'UDC suisse.
Claude-Alain Voiblet, vice-président de l'UDC suisse. [Laurent Gilliéron - ]
Alors que l'UDC tire un bilan plutôt mitigé de la dernière législature, son vice-président Claude-Alain Voiblet annonce les ambitions du premier parti de Suisse en terme de sièges au National: conserver les acquis.

RTSinfo: quel bilan tirez-vous de la dernière législature?

Claude-Alain Voiblet (vice-président UDC Suisse): c’est un bilan très mitigé. L’UDC Suisse a été très active, notamment au niveau sécuritaire, migratoire et dans le cadre des relations avec l’UE, mais malheureusement pas avec des résultats à la hauteur des espérances de son électorat. Les initiatives de l'UDC, pourtant acceptées par le peuple (renvoi des criminels étrangers, immigration de masse) ne sont toujours pas en vigueur. Malgré des interventions au niveau fédéral pour une mise en application, l'UDC se retrouve en face d'une administration et de partis politiques qui traînent la patte alors même que le peuple soutient l’UDC.

Avec quels thèmes l'UDC fera-t-elle campagne?

Le programme de l'UDC s'inscrit dans la continuité. La politique migratoire est au coeur de l'actualité. L'UDC va donc poursuivre son engagement pour une politique réaliste qui corresponde aux besoins de l'économie. Il s'agit aussi de retrouver un niveau de sécurité acceptable avec une politique plus stricte à l'égard des étrangers, notamment par le durcissement du code pénal, le renvoi des criminels étrangers et le contrôle de l’immigration. A côté de cela, il y a la clarification des relations entre la Suisse et l'UE avec notre "initiative pour l'autodétermination" qui vise à lutter contre une intégration insidieuse à l'UE. Sans oublier de lutter contre tout nouvel impôt. L’UDC veut aussi maintenir des finances publiques saines et équilibrées dans tous les niveaux, de la Confédération, des cantons et des communes.

En 2011, l'UDC avait perdu 4 sièges au National et 2 aux Etats, pensez-vous récupérer ces sièges en 2015?

L'UDC veut consolider les acquis. Nous pouvons constater que dans les 19 dernières élections cantonales sur 24, l'UDC a enregistré une progression effective de la proportion d’électeurs. L'UDC se trouve donc toujours dans une situation de croissance. Le but est que les électeurs/trices qui nous ont fait confiance lors des cantonales continuent à le faire au niveau fédéral. Nous n’avons pas d’objectifs en terme de sièges. Ce que nous voulons en priorité, c’est avoir une croissance générale de notre électorat.    

Quels sont vos objectifs dans les cantons de Suisse romande?

En 2011, l'UDC a obtenu un siège dans les cantons de Fribourg et Valais et 4 dans le canton de Vaud, tout en étant proche à chaque fois d'un siège supplémentaire. Nous espérons cette fois en obtenir un de plus. A Genève (2 sièges) et Neuchâtel (1), l'UDC souhaite conserver ses acquis, tout en sachant qu'il y aura un mandat de moins à Neuchâtel. La situation est différente dans le Jura, puisque les élections fédérales se déroulent en même temps que les cantonales. La conquête d’un siège au National sera très difficile par rapport aux relations que nous pouvons avoir avec les autres partis de droite. 

Des alliances avec le PLR sont-elles possibles? Dans quels cantons?

Malheureusement, en Suisse romande, l’UDC n’a pas su convaincre le PLR de faire des apparentements mathématiques qui auraient permis de répartir différemment les sièges surnuméraires. Il y a seulement des apparentements mineurs, notamment avec l’UDF, le Mouvement Citoyens Romand et le Nouveau Parti libéral (NPL). L'expérience montre pourtant que les apparentements sont bénéfiques: lors des dernières élections fédérales, le Parti socialiste a bénéficié des apparentements de gauche et a gagné 8 sièges supplémentaires au niveau national. 

"Rester libre" est le slogan de l’UDC pour les élections fédérales. Qu’est-ce que cela signifie?

Le slogan coule de source avec la législature qui se termine et celle qui va commencer. Nous avons constaté que l’application de décisions populaires se heurte à des conventions ou des législations internationales, de l’UE notamment. Pour l'UDC, un pays démocratique applique en priorité ses lois et sa Constitution et ne répond pas simplement à une pression extérieure. Qu’il s’agisse du renvoi des criminels étrangers, de notre politique migratoire ou de notre engagement sécuritaire, nous devons rester un pays libre de ses décisions, un pays libre de donner suite au choix du peuple.

L’UDC a lancé sa campagne à Zurich avec une chanson en suisse allemand, qu'est-il prévu en Suisse romande?

L'UDC, dans une démarche fédéraliste, a laissé la liberté à chaque canton d'organiser sa campagne électorale avec le mot d'ordre "être proche des gens" (en suisse allemand "bi de Luet"). Chaque section a choisi des activités différentes tout en ayant un tronc commun: la politique de l’UDC menée à l’avenir.

En Suisse romande, de nombreuses manifestations sont prévues ces prochains mois, dans des marchés, sur des places publiques, pour aller à la rencontre de la population et lui expliquer notre programme. L’important est de se montrer proche du citoyen.

Concernant la chanson, la traduire en français n'aurait pas le même impact. Cette vidéo et cette chanson sont anecdotiques. Ce n’est pas avec une chanson qu’on va gagner la campagne électorale. 

L'UDC Vaud a été sous le feu des critiques avec l’affaire Despot; ne craigniez-vous pas un préjudice pour les élections d’octobre?

Evidemment, on préférerait mener une campagne sans dissension, même si les médias ont tendance à surenchérir lorsque l'UDC connaît des difficultés. Mais l’UDC Vaud a trouvé une solution pour sortir de cette crise et il est temps maintenant de passer de la gestion de problèmes internes à de la politique active. Souvent quand on est en campagne, l’intérêt personnel passe avant l’intérêt général, mais les électeurs votent pour un programme, en l'occurrence celui de l'UDC, et pas celui d'un candidat. On peut gagner ensemble mais on perd souvent de manière individuelle.   

Par ailleurs, l'UDC en Suisse romande a connu ses 10-12 dernières années une croissance très forte. Et cela est souvent synonyme de tensions.

>> Les interviews des autres dirigeants de partis sur le site des élections fédérales.

Propos recueillis par France-Anne Landry

Publié le 28 septembre 2015 à 11:22 - Modifié le 28 septembre 2015 à 11:43

En bref

RTSinfo: Faut-il passer à un Conseil fédéral à 9 membres?

Claude-Alain Voiblet: Non

Faut-il relancer le processus d’adhésion à l’Union européenne?

Non

Faut-il accueillir davantage de migrants?

Non

Faut-il augmenter l’âge de la retraite pour assurer le financement de l’AVS?

Oui même âge pour tous et plus de flexibilité

Faut-il instaurer une caisse publique d’assurance-maladie?

Non

Faut-il restreindre le droit d’initiative populaire?

Non

Faut-il sacrifier un peu de liberté individuelle au profit de la sécurité en augmentant la surveillance (écoutes, etc.)?

Oui

Faut-il autoriser les couples de même sexe à adopter?

Non

Faut-il abroger le service militaire obligatoire?

Non

Faut-il doubler le montant de la vignette autoroutière?

Non

Faut-il que l’Etat aide à la formation d’imams en Suisse?

Non

Faut-il imposer l’apprentissage d’une langue nationale comme première langue à l’école?

Oui           

L'UDC, première force du Conseil national

Lors des élections fédérales de 2011, l'UDC est arrivée nettement en tête au Conseil national avec 54 sièges sur 200, devant le PS (46 sièges), le PLR (30), le PDC (28) et les Verts (15).

Au Conseil des Etats, l'UDC, pénalisée par le vote à la majoritaire, n'est que la 4e force de la Chambre des cantons avec 6 élus en comptant l'indépendant Thomas Minder qui a rejoint son groupe. C'est le PDC-PEV qui est devant avec 13 fauteuils, suivi du PLR et du PS avec 11 sénateurs chacun.