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Un an après le 9 février, "il n'y a pas d'unanimité au Conseil fédéral"

Micheline Calmy-Rey. [Martial Trezzini - Keystone]
Micheline Calmy-Rey, ancienne cheffe du Département fédéral des affaires étrangères / Le Journal du matin / 22 min. / le 9 février 2015
L'ex-cheffe du DFAE Micheline Calmy-Rey a déploré lundi sur la RTS que le Conseil fédéral peine à parler d'une seule voix dans les négociations après l'acceptation de l'initiative anti-immigration.

Micheline Calmy-Rey, ancienne cheffe du Département fédéral des affaires étrangères, a regretté lundi dans le Journal du Matin de la RTS le manque d'unanimité du Conseil fédéral, un an après l'acceptation de l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse.

Alors que le résultat de ce vote, le 9 février dernier, a ébranlé l'édifice du bilatéralisme entre la Suisse et l'Union européenne, "chacun mène sa propre politique étrangère", regrette la socialiste. "Un coordinateur, comme il y en a eu un pour les bilatérales II, serait nécessaire afin que l'on parle d'une seule voix dans une négociation aussi difficile", propose-t-elle.

L'avenir de la voie bilatérale en question

Pour l'ex-conseillère fédérale, la Suisse est partagée entre l'application de l'article constitutionnel, avec ses plafonds, ses contingents et sa préférence nationale, ou continuer avec les relations bilatérales "dont les quelque 140 accords ont fait la prospérité de la Suisse ces dernières années".

"Les Suisses se sont prononcés sur l'immigration. C'est ce dont ils veulent que l'on traite, et le Conseil fédéral ne s'en sortira pas sans le faire", souligne Micheline Calmy-Rey, qui juge que l'argument des bilatérales européennes n'a pas porté dans la campagne. "Les gens ont pensé que l'on s'en sortirait toujours avec la voie bilatérale. Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui, notamment à cause de la pression due au franc fort", regrette l'ancienne ministre.

Selon elle, "l'Union européenne n'accordera pas à un Etat tiers comme la Suisse, quelque chose qu'elle n'accorderait pas à l'un de ses Etats membres".

jvia

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Soutien à l'initiative RASA

Micheline Calmy-Rey se dit favorable à l'initiative RASA "Pour sortir la Suisse de l'impasse", qui a pour but d'abroger l'article constitutionnel accepté le 9 février 2014. "Les Suisses doivent se prononcer clairement sur la voie bilatérale", juge-t-elle.

"Il s'agit d'une alternative au cas où on ne pourrait pas négocier avec l'Union européenne, ou que les résultats de ces négociations seraient inacceptables. Mais cela ne signifie en aucun cas que le Conseil fédéral ne devra pas traiter de la problématique de l'immigration", justifie l'ancienne conseillère fédérale.