Publié le 09 novembre 2018 à 15:43

Philippe Saire interroge le monde de la chasse dans sa nouvelle création

Philippe Saire, chorégraphe et directeur du théâtre Sévelin 36.
L'invité du 12h30 - Philippe Saire présente sa nouvelle création "Actéon" L'invité du 12h30 / 6 min. / le 09 novembre 2018
Le mythe d'Actéon raconte l'histoire d'un chasseur que la déesse Diane transforme en cerf. C'est la trame de la nouvelle création du chorégraphe Philippe Saire à voir au Théâtre Sévelin 36 à Lausanne, dès le 14 novembre.

Pièce chorégraphique de Philippe Saire pour 4 danseurs, "Actéon" adapte librement le mythe grec éponyme. Il s'agit de l'histoire d'un chasseur auquel une déesse, Diane, jette un sort et le transforme en cerf. Des cornes lui poussent, ses bras deviennent jambes, ses mains pattes, sa peau cuir. Il s'enfuit dans la forêt, mais des chiens assoiffés de sang le poursuivent. Le chasseur est chassé, il finit déchiqueté.

Centrée avant tout sur le mouvement, le spectacle de dans contemporaine de Philippe Saire prend place dans l'univers fascinant et controversé de la chasse. Le mythe d'Actéon, tel qu'il est adapté, questionne de façon allégorique notre rapport au sauvage.

Philippe Saire.

Le mythe d'Ovide était une source d'inspiration pour moi, parce que j'étais parti d'une envie d'interroger ce monde de la chasse, d'essayer de le comprendre un tout petit peu.

Philippe Saire, chorégraphe

Une légende sinistre mais belle

L'affiche du spectacle "Actéon" de Philippe Saire. L'affiche du spectacle "Actéon" de Philippe Saire. [Cie Saire] Le mythe d'Actéon d'Ovide a inspiré bon nombre de peintres, d'auteurs, et plusieurs personnes qui se sont approprié cette légende, comme a essayé de le faire Philippe Saire. Pas de carnage sur scène, donc dans cette version revisitée par le chorégraphe, mais une version un peu plus romantique.

Un spectacle de danse sur le thème de la chasse, Philippe Saire en a eu l'idée parce que cette activité lui inspire un sentiment de répulsion et l'interroge. "J'ai beaucoup lu, je me suis documenté. J'ai rencontré quelques chasseurs aussi. Je me suis rendu compte que les choses n'étaient pas aussi simples. Finalement, la chasse sert aussi à réguler, à pallier l'absence de prédateurs, même s'il s'agit quand même de tuer des animaux", explique le chorégraphe.

Interroger la chasse par la danse

La danse a certaines limites. Mais, c'est aussi sa force, selon Philippe Saire. "L'idée, c'est de travailler beaucoup sur des sensations". De ce mythe plutôt sombre, le chorégraphe a souhaité donner un aspect plus léger et décalé dans son spectacle.

La tension et le suspens m'intéressent. J'ai aussi voulu donner l'idée d'une bascule entre ce monde un peu bucolique que les chasseurs décrivent et cette réalité qui est de l'ordre, des fois, du carnage.

Philippe Saire, chorégraphe

L'univers sonore de l'Actéon de Philippe Saire est fait de tension. Le spectacle se divise en trois chapitres où se mêlent interrogations et suspens. Les costumes sont sobres, les 4 danseurs sont torse nu, les chiens portent une cagoule noire, le cerf est représenté par ses bois. Pas de fusils sur scène. La scène est nue. Quant à la forêt, elle est représentée par "la force de l'évocation de la danse", explique le chorégraphe.

Propos recueillis par Coralie Claude

Adaptation web: Lara Donnet

"Actéon", Théâtre Sévelin 36 à Lausanne, du 14 au 25 novembre

Publié le 09 novembre 2018 à 15:43