Modifié le 07 juillet 2018 à 20:46

Le Festival d'Avignon fait le pari du genre avec une édition queer

Une image du spectacle "Saison sèche" de Phia Ménard.
Le Festival d'Avignon fait le pari du genre avec une édition queer Forum / 8 min. / le 07 juillet 2018
Le Festival d'Avignon s'ouvre vendredi et présente jusqu'au 24 juillet une pléthore de spectacles qui dénoncent toute forme de discrimination, de l'"hétéropatriarcat" à la transphobie.

Le Festival, plus que jamais à vocation sociale 72 ans après sa création, s'invite dans le débat sur l'assignation des genres, abondamment relayé par les médias et les réseaux sociaux.

"Il est temps que les normes qui sont dominantes soient déconstruites, il y a une certaine liberté de l'identité qui est en train de s'affirmer", affirme David Bobée, metteur en scène français.

La question du genre

C'est à lui que le directeur du Festival Olivier Py, qui se revendique comme homosexuel engagé, a confié le "feuilleton théâtral" de cette année, durant lequel la question du genre sera disséquée pendant 13 jours sous le titre éloquent de "Mesdames, messieurs et le reste du monde".

Le thème du genre a déjà hérissé l'archevêché d'Avignon et pourrait mobiliser des groupes ultraconservateurs et religieux.

C'est avec le très classique "Thyeste" de Sénèque, signé Thomas Jolly, que le Festival ouvrira le bal à la Cour d'honneur du palais des Papes.

Les temps forts

Le jeune metteur en scène Julien Gosselin présentera une création au long cours... de huit heures, basée sur trois romans de l'écrivain américain Don DeLillo traitant du terrorisme. Le monde arabe est également à l'honneur avec une pièce de l’Égyptien Ahmed el Attar sur la manière dont les femmes dans son pays reproduisent le système patriarcal à travers l'éducation de leurs fils.

Olivier Py a toutefois exprimé son inquiétude de l'abandon progressif de l’État du principe de la décentralisation, appelant à plus de soutien au Festival.

"Il faut redonner une marge de manœuvre à la décentralisation, pas au théâtre parisien", a-t-il déclaré, regrettant que "les collectivités locales se désinvestissent, car elles-même ont connu des baisses de dotation" du gouvernement.

mcc/afp

Publié le 06 juillet 2018 à 09:33 - Modifié le 07 juillet 2018 à 20:46

Des spectacles qui questionnent le genre

Phia Ménard, artiste née en 1971 dans un corps d'homme, présentera "Saison sèche" où sept femmes seront amenées à "détruire" une maison symbolisant le patriarcat.

"Trans (Més Enllà)" et "Romances inciertos, un autre Orlando" traiteront de la transidentité et de personnages androgynes; l'Iranien Gurshad Shaheman donnera la voix aux exilés à cause de leur orientation sexuelle.

Le Suisse Milo Rau s'empare de son côté d'un fait divers, l'assassinat d'un homosexuel à Liège en 2012.

Le off

Parallèlement au "in", il y a le "Avignon off", avec plus de 1500 spectacles qui tentent chaque année de se faire remarquer malgré le manque de ressources.

Le "off" verra l'adaptation de deux succès littéraires sur scène: "Suite française" d'Irène Némirovsky et "Le potentiel érotique de ma femme" de David Foenkinos.