Modifié le 04 octobre 2017

Licenciements et manque de liquidités, le théâtre Barnabé dans la tourmente

Barnabé.
Théâtre: Barnabé dans la tourmente Vertigo / 3 min. / le 03 octobre 2017
Rien ne va plus pour le fameux casino-théâtre de la campagne vaudoise Barnabé. Ce mois d'octobre, à Servion, les portes restent closes. Prochain rendez-vous le 17 novembre avec un spectacle qui entend sauver cette salle d'une fermeture définitive.

Le Café-Théâtre Barnabé est un lieu qui sent bon le bois, ouvert sans interruption depuis 1965. Un rendez-vous traditionnel des fins d'années en campagne vaudoise avec sa formule de revues, de café-concert, d'humour et de films muets accompagnés par un orgue légendaire. La formule, grivoise et bon enfant, a sans doute vécu.

Son fondateur et président de la fondation, le comédien Jean-Claude Pasche, alias Barnabé, prend doucement le chemin de la retraite et le public pensait découvrir ce mois d'octobre la première production officielle du nouveau tandem de direction: la metteuse en scène Valérie Bovet et sa directrice adjointe, responsable de la partie musicale Nancy Juvet.

Las, le tandem a été licencié par la fondation, de même que toute l'équipe de la revue de Barnabé, faute de liquidités dans les caisses.

Un lieu de création à moderniser

"Avec Valérie Bovet, nous sommes arrivées l'an passé déjà. Nous avions beaucoup d'idée, y compris pour moderniser ce lieu. Mais les finances de l'institution ont été péjorées durant ces dernières années par des spectacles qui ne rencontraient plus assez de succès", note Nancy Juvet. Il faut préciser que le Théâtre Barnabé est un lieu de création, avec une équipe à demeure, dont le financement est avant tout privé, c'est-à-dire issu des recettes et de la publicité.

Paradoxe dû à la volonté et à l'enthousiasme de l'équipe pour ce lieu. Elle a beau avoir été licenciée, elle travaille encore et toujours à Servion, désormais en free-lance.

Nous avons à cœur de pouvoir mener notre projet et d'ouvrir notre nouvelle saison avec la comédie musicale "La Cage aux folles", à l'affiche du 17 novembre au 24 février. Ce sera aussi l’occasion de renouveler le public de Servion et de toucher de nouveaux spectateurs.

Nancy Juvet
 

Changer de style pour se renouveler

La "Cage aux folles" se monte avec les derniers deniers de la fondation Barnabé qui cherche par ailleurs des solutions pour renflouer ses finances. Le succès de ce spectacle en fait partie. "S'il marche comme nous l'espérons, nous avons bon espoir de poursuivre nos projets. Mais il est certain qu'il faudra changer le style et les modes de fonctionnement de ce lieu, si l'on veut espérer qu'il reste un théâtre de création avec des spectacles maison", conclut Nancy Juvet.

Les turbulences que connaît Barnabé rappellent les difficultés qui accompagnent les passations de pouvoir dans des institutions culturelles fondées de longue date et menées de manière très personnelle par leur père fondateur. Qu'il s'agisse d'un Claude Nobs à Montreux, d'un Maurice Béjart à Lausanne, d'un Freddy Buache à la tête de la cinémathèque nationale ou encore d'un Dimitri à Verscio.

Thierry Sartoretti/ld

"La Cage aux folles", du 17 novembre 2017 au 24 février 2018, au Café-Théâtre Barnabé de Servion.

Publié le 04 octobre 2017 - Modifié le 04 octobre 2017