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Yann Marguet et les humoristes suisses à Paris, entre paillettes et désillusions

Yann Marguet - Exister, définition - De l'infiniment grand à l'infiniment con [RTS]
Marguet monte sur Seine / Vertigo / 9 min. / le 13 janvier 2023
L’humoriste romand Yann Marguet exporte son seul en scène "Exister, définition" à Paris. La capitale française serait-elle un passage obligé pour les humoristes helvétiques? Réponses en compagnie de Marina Rollman, Vincent Kucholl, Thomas Wiesel et Charles Nouveau.

Yann Marguet se produira dans la petite salle parisienne La Scène Libre, pouvant accueillir plus de 150 personnes, du 20 janvier au 31 mars 2023. Sur les traces de Joseph Gorgoni, Marina Rollman ou encore Thomas Wiesel, il n’est pas le premier humoriste suisse à faire ses armes dans la capitale française qui, selon le magazine Society, compte en 2022 plus de Comedy Clubs que la ville de New York.

"Je me suis souvent demandé pourquoi Paris m’attirait autant. Cela n’est pas pour la célébrité ou pour gagner de l’argent, même si ce n’est jamais désagréable", confie l'humoriste et chroniqueur radio romand Yann Marguet à la RTS.

Diffusées sur Canal +, les émissions animées dans les années 1980 et 1990 par des groupes d'humoristes comme Les Nuls et Les Robins des Bois ont bercé son enfance et son adolescence. Il espère, un jour peut-être, avoir l'opportunité de travailler avec eux au cinéma ou lors d'une émission. "C’est comme se dire qu'on fait partie d'une famille depuis l’adolescence et qu'on a envie de la rejoindre", poursuit l'humoriste.

Un accueil parisien parfois mitigé

Si la capitale française fait rêver les humoristes suisses, notamment grâce à ses nombreux théâtres, son public n’est pas forcément tendre. Interrogée par la RTS, Marina Rollman partage sa rencontre avec les Parisiens: "Ils ont parfois une indifférence ou un léger mépris pour la Suisse (...) Et comme il n'ont pas d’attente envers les Suisses, tu ne peux que les décevoir en bien."

Des réticences qui n’ont pas découragé l’humoriste qui y a fait ses preuves. "L’appel de la grande ville, même si c’est un entonnoir où il y a trop de gens, est un challenge. Je trouve plus amusant d’essayer de s’y frayer un chemin, plutôt que de rester dans un plus petit bassin de population. C’est confortable, mais où est le défi?"

Pour Vincent Kucholl, de passage à Paris pour la première fois en 2014 avec son collègue Vincent Veillon, les dates parisiennes n'étaient pas rentables: "Nous avons perdu du fric, le public était moins nombreux et moins chaleureux. Les loges étaient pourries, mais c’était une expérience."

Ouvrir des portes en Suisse

De son côté, Thomas Wiesel a obtenu un certain succès à Paris, ce qui lui a permis d’obtenir de nouvelles opportunités en Suisse. La grande ville ne l’a cependant pas conquis. "J’étais à chaque fois heureux de rentrer en Suisse. Paris ne me correspond pas du tout. C'est une ville qui me stresse, qui me tend. Il y a trop de monde. Mais au niveau humoristique pur, j’ai obtenu des succès qui m’ont ouvert des portes, notamment en Suisse. C’est un peu contradictoire, mais réussir un projet à l’étranger fait que tout à coup, on s'intéresse plus à vous à la maison."

Quant à Charles Nouveau, il se souvient de ses premiers passages à Paris entre 2015 et 2016. "En Suisse, à cette période, il était possible de jouer quatre ou cinq soirées par mois, rarement dans la même ville. À Paris, je pouvais jouer quatre ou cinq fois le même soir! Il n’y avait pas photo. Je voulais monter sur scène le plus possible et progresser."

Propos recueillis par Yacine Nemra

Adaptation web: Myriam Semaani

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