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La nuit, festive, folle et techno se dévoile au théâtre et dans un livre

La nuit est propice aux soirées techno.
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Ouverture Nocturne & La Nuit du Tournesol / Vertigo / 7 min. / le 22 novembre 2021
A Genève, deux créations malicieuses abordent le thème des fêtes techno. Au Théâtre du Grütli, "Ouverture nocturne" conte une nuit fantasmagorique entre Manchester et Berlin, alors que le livre "La nuit du tournesol" du photographe Jean-Luc Andrianasolo documente les fêtes genevoises.

La nuit tout est permis… ou presque. La nuit, c’est le rêve, la rave et parfois le gros dodo. La nuit, c’est un espace-temps au-delà d’une limite, des limites. La nuit, enfin, c’est une pièce de théâtre nommée "Ouverture nocturne" et un livre de photographies titré "La nuit du tournesol". Ces deux créations n’ont pas de lien direct entre elles et pourtant tout ou presque les lie: leur thème étoilé, leur goût pour la musique techno et leur origine genevoise.

Une image du spectacle "Ouverture nocturne" mis en scène par Lucile Carré. [Théâtre du Grütli - DR]Une image du spectacle "Ouverture nocturne" mis en scène par Lucile Carré. [Théâtre du Grütli - DR]Un spectacle qui file à la vitesse de 120 bpm

Commençons par le spectacle. "Ouverture nocturne" porte la signature de Lucile Carré et son Blackpool Club. Sur la scène du Théâtre du Grütli, trois comédiennes au verbe vif, à la réplique malicieuse et aux tenues de super héroïnes de la nuit. Tamara Fischer joue l’ingénue rêvant de vivre la folie des clubs. Marion Thomas est l’irascible passeuse au sac rempli de gélules à usages multiples. Marion Ripoll interprète la magicienne ramenant les rêveuses égarées sur le bon chemin de l'extase. Il y a beaucoup d’énergie et d’humour dans cette "Ouverture nocturne". Manchester et ses nuits interminables est frappée par une épidémie de cécité due, semble-t-il, à une trop forte consommation de haricots blancs en boîte.

Quant à Berlin, elle abrite un club tellement fermé, si exclusif, qu’il ressemble aux enfers de l’Antiquité gardés par le Cerbère. "Ouverture nocturne" file à la vitesse de 120 bpm et n’atteint même pas la durée d’un set de DJ. Cinquante minutes rondement menées et un jeu au plaisir communicatif. Recommandé. Et si vous hésitez, sachez que le prix d’entrée de ce théâtre est libre… De quoi garder quelques munitions pour le reste de votre nuit festive.

Les palais de la fête genevoiseDes fêtardes à Genève. Photo extraite du livre "La nuit du tournesol". [Jean-Luc Adrianasolo - DR]Des fêtardes à Genève. Photo extraite du livre "La nuit du tournesol". [Jean-Luc Adrianasolo - DR]

Poursuivons avec le livre. Photographe, Jean-Luc Andrianasolo est du genre à ne jamais avoir envie de rentrer, attendu qu’il y a toujours, ailleurs, une fête qui s’organise avec des potes. Alors, il y va, il y danse et surtout il photographie au plus près la vie des clubbers et des fans de free parties.

Sous-sol, usine désaffectée, gravière, parc, terrain vague, peu importe, la nuit, ça pulse. Et le matin, dans la brume ou sur les berges du Léman ou du Rhône, c’est encore la nuit, malgré la fatigue et les corps qui n’en peuvent plus. Laurence Wagner préface entre poésie et manifeste cette "Nuit du tournesol" publiée en couleur et en noir et blanc. "Nos palais seront partout où vous ne pourrez pas les voir", clame la directrice du Festival Belluard à Fribourg où l’on sait aussi faire la fête jusqu’à point d’heures.

Si vous n’avez jamais vécu une rave, vous vous y croirez en regardant ces images prises durant une décennie de fêtes. Et si vous les avez fréquentées, il y a des chances qui vous figuriez dans ce bouquin témoin.

Thierry Sartoretti/ms

"Ouverture nocturne", Genève, Théâtre du Grütli, mise en scène de Lucile Carré, jusqu'au 30 novembre.

"La nuit du tournesol", Laurence Wagner & Jean-Luc Andrianasolo, éditions Miami Books.

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