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"Il faut le boire", spectacle parfois cru, à consommer sans modération

Antonio Troilo entouré de Frank Semelet et Thierry Romanens pour le spectacle "Il faut boire". [Delphine Schacher - DR]
Séquence 1 / Vertigo / 23 min. / le 6 août 2020
Trois compères ronds comme des barriques. Alors les gars, heureux comme Dionysos perché sur son tonneau? Au début oui, et puis pas trop… Thierry Romanens, Antonio Troilo et Frank Semelet sont de retour avec l'excellente pièce signée Marie Fourquet et Philippe Soltermann.

Du 7 au 22 août, le Théâtre du Passage à Neuchâtel s'invite dans les caves du Littoral pour faire l'éloge du vin et de l'amitié avec humour et sensibilité. Interprétée par les comédiens Thierry Romanens, Frank Semelet et Antonio Troilo, cette pièce itinérante, jouée pour la première fois à Nyon en 2016, convie le public à un moment complice et léger, où les chansons se mêlent aux confidences de personnages particulièrement attachants.

On se laisse vite emporter par cette réflexion pleine de malice sur notre goût pour la perte de contrôle temporaire… et sur ses conséquences! Signé par Marie Fourquet et Philippe Soltermann, "Il faut le boire" est un spectacle musical et théâtral qui titube entre la pochardise et la philosophie de comptoir.

L'ivresse et l'excès

A l'origine, ce spectacle est une commande de Pierre-Yves Schmidt, directeur alors de l'Usine à gaz de Nyon, qui souhaitait un spectacle sur le vin pour rendre hommage à la région. Au final, Marie Fourquet et Philippe Soltermann livrent en 2016 ce spectacle qui parle de plaisir, d'amitié et de vin. "Et aussi du plaisir de l'excès", ajoute le metteur en scène Philippe Soltermann.

Leur haleine de pachyderme tuerait une mouche à vinaigre. Dans "Il faut le boire", les trois comédiens passent par tous les stades de l'ivresse... et de l'excès. "Ce qui est surtout intéressant, c'est notre rapport au plaisir et à celui que nous avons à nous restreindre, à aller un peu trop loin. Le rapport à nos limites, finalement", explique le metteur en scène.

>> A écouter, l'interview de Philippe Soltermann dans "Vertigo" en 2016:

Frank Semelet, Antonio Troilo et Thierry Romanens dans "Il faut le boire". [ad-apte.com]ad-apte.com
Théâtre: "Il faut le boire" / Vertigo / 5 min. / le 8 septembre 2016

Une histoire de vin et d'amitié

"Il faut le boire", un succès qui remplit les salles à chaque représentation. Ce qui fait le succès de la pièce? "Le vin?" s'interroge le comédien Antonio Troilo. "Peut-être le vin, un peu les acteurs... on joue dans les caveaux aussi donc c'est quelque chose qui peut intéresser les gens. Et le bouche à oreilles surtout", explique le comédien.

Au tout début, on est un peu pris dans les gaudrioles. On commence par une chanson un peu paillarde. Et puis, gentiment, on glisse dans l'intimité de ces personnages. On entre dans l'émotionnel, la fragilité. Toujours avec beaucoup d'humour.

Antonio Troilo, comédien

Servi par le texte magnifiquement écrit de Marie Fourquet et Philippe Soltermann, "Il faut le boire" ne raconte donc pas seulement l'histoire de trois types bourrés, mais surtout une histoire d'amitié de gens qui nous ressemblent et à qui chacun peut, d'une manière ou d'une autre, s'identifier. C'est aussi une histoire de langues qui se délient, aidées sans aucun doute par l'ivresse.

Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert et Thierry Sartoretti

Adaptation web: Lara Donnet

"Il faut le boire", à l'enseigne du Théâtre du Passage dans les caves du Littoral de Neuchâtel, du 7 au 22 août 2020.

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