Modifié le 14 mai 2020 à 13:50

Pour rouvrir, les salles de spectacle sont soumises à des règles drastiques

Si une distance de 2 mètres ne peut être respectée entre des danseurs, elle ne doit pas durer plus de 5 minutes.
Les théâtres et salles de spectacles rouvriront sous des directives strictes Le 12h30 / 2 min. / le 13 mai 2020
La branche des arts vivants propose une série de mesures destinées à protéger public et collaborateurs du coronavirus. Elles sont drastiques afin de répondre aux exigences de l’OFSP. Et si Berne ne baisse pas la barre, ce sera difficile voir impossible pour les grandes institutions de reprendre leur travail.

Les théâtres, salles de spectacles et de concerts vont pouvoir rouvrir leurs portes dès le 8 juin prochain, pour autant que le Conseil fédéral donne son feu vert le 27 mai. En attendant, trois associations faîtières de la branche ont édicté des directives à l’intention de leurs membres: elles sont destinées à protéger les collaborateurs et le public du coronavirus. Pour l'instant, seule la première partie, celle destinée au personnel, a été révélée. Ces 54 pages, publiées il y a quelques jours en allemand uniquement, énoncent des directives extrêmement strictes et détaillées.

Interdire tout contact en répétition

Comment appliquer les mesures de distanciation sociale dans une scène d'amour au théâtre? Ou dans une chorégraphie mettant en scène un corps à corps? Car les directives précisent qu'il faut éviter tout contact corporel durant les répétitions. C'est ainsi que sont bannis baisers et caresses sur le visage. De même, si la distance de deux mètres ne peut être respectée entre deux danseurs, elle ne doit pas durer plus de cinq minutes, et ensuite les deux doivent s'éloigner l'un de l'autre pendant au moins dix minutes. Autre cas de figure: lorsqu'ils répètent un texte, les comédiens doivent se tourner vers le public et éviter au maximum de s'adresser à un autre comédien. Ce sont quelques exemples de directives pour la scène...

Usage du plexiglas dans la fosse

S'agissant des concerts, les mesures ne sont pas moins contraignantes. En principe il ne devrait pas y avoir plus d'un musicien pour quatre mètres carrés. Le garçon d'orchestre doit nettoyer régulièrement les grands instruments (comme le piano à queue ou la harpe) et porter des gants pour manipuler les partitions tandis que le chef doit porter un masque et des lunettes de protection si la distance est réduite. Pareil pour le pianiste. Et on ajoutera une paroi en plexiglas entre le piano et les vents.

Equipes permanentes

Ces directives sont très difficiles à mettre en place. Leurs auteurs en ont conscience et ont prévu une parade: si la distanciation est impossible, alors les troupes de théâtre ou de danse, les orchestres et les choeurs devront former des équipes permanentes, les plus petites possible. Une prise de température se fera avant chaque répétition. Ces personnes devront par ailleurs télécharger l'application de traçage de la Confédération et porter un masque de protection avec leurs amis. Mais la participation à une équipe permanente est basée sur le volontariat.

Dans le cas de l'opéra "Turandot", programmé dans la saison du Grand Théâtre de Genève, les répétitions qui doivent débuter à la mi-août risquent d'être très compliquées à faire dans ces conditions, car il y a beaucoup de choeurs sur scène et de musiciens dans la fosse. "Tout en restant dans une optique de contribution à l'effort collectif de protection de la population, nous avons l'espoir de pouvoir reprendre une activité dans un cours plus au moins normal. On espère vivement que les mesures vont s'assouplir d'ici-là", explique Carole Trousseau, secrétaire générale du Grand Théâtre à Genève.

>> A écouter, l'interview de Carole Trousseau:

Le Grand Théâtre de Genève.
Martial Trezzini - Keystone
Le 12h30 - Publié le 13 mai 2020
 

Sylvie Lambelet/mcm

Publié le 13 mai 2020 à 16:26 - Modifié le 14 mai 2020 à 13:50