Publié le 23 janvier 2019 à 11:59

Dans son spectacle "Ma Colombine", Porras conte le petit Omar

Une photo des coulisses du spectacle "Ma Colombine" d'Omar Porras au Théâtre Amstramgram, à Genève.
Une photo des coulisses du spectacle "Ma Colombine" d'Omar Porras au Théâtre Amstramgram, à Genève. [Ariane Catton Balabeau - amstramgram.ch]
Seul sur la scène du Théâtre Amstramgram de Genève jusqu'au 27 janvier, le comédien et metteur en scène déroule sa vie avec les mots de l'auteur Fabrice Melquiot. Un voyage entre mémoire et féérie.

Il vient de là. Un petit écolier dans la lune. Avec de grandes oreilles que les maîtres tirent facilement et une peau cuivrée qui ne lui vaut pas que des amis dans le préau. La lune! A force de s'entendre dire que l'on s'y trouve, on finit par la décrocher pour de bon. Fils de paysan devenu ouvrier par nécessité, rien ne prédestinait Omar Porras et son Freddy de frère à traverser l'Atlantique et transformer leurs rêves d'ailleurs en un monde aussi théâtral que fantasmagorique.

Omar, c'est le saltimbanque en chef du Teatro Malandro, l'homme aux mises en scène féériques comme les premiers films muets de Méliès. Il a posé son sac à malices du côté de Renens, dans les velours du Théâtre TKM. Freddy, c'est le roi des masques et des faux semblants, créateurs de paysages scéniques et de marionnettes qui fascinent petits et grands. Vous avez vu au théâtre "Ay! Quixote", "La Visite de la vieille dame", "L'Histoire du soldat" ou encore "Amour et Psyché"? Alors vous connaissez Omar et Freddy.

Le fil de son existence

Omar Porras aime parler théâtre. Il est intarissable. Il parle de ses créations, de ses visions, mais aussi du théâtre des autres: asiatique, sud-américain, européen, mondial, historique, populaire, spirituel, exigeant. Il vous parlera du Soleil d'Ariane Mnouchkine à Paris, des kabukis au Japon, du Knie à Rapperswil. Oui, le Knie car avant de monter Molière ou Ibsen, Omar Porras a été clown. Il l'est resté.

>> A écouter, l'interview d'Omar Porras dans "Vertigo":

Le metteur en scène Omar Porras.
DR
Vertigo - Publié le 21 janvier 2019
 

Le voici seul en scène sous une lune de carton-pâte. Il danse avec un arbre, esquisse un pas de salsa, invoque le grand serpent à plumes et grimace comme un vieux sage chinois assis sur un rocher. Lumières et effets sonores transportent l'imaginaire, là où le verbe se fait ellipse. Au Théâtre Amstramgram, à Genève, Omar Porras déroule le fil de son existence.

L'artiste se raconte à travers les mots d'un autre. Auteur, directeur d'Amstramgram, Fabrice Melquiot lui consacre un texte dont le réalisme magique tient de la saga colombienne façon Gabriel Garcia-Marquez. Il n'est pas ici question de bloc de glace en pleine brousse, mais de rêves magiques, de muses, de sortilèges, de courses à pied, de ruelles de Bogota et de boulevards parisiens. Paris, là où Omar Porras a obtenu son unique et plus précieux diplôme de théâtre: une amende de la RATP le désignant comme artiste de rue.

Un conte façon Chaplin

Fabrice Melquiot a sillonné la Colombie avec Omar Porras. Un voyage qui suivait de longues discussions sur ce pays, sur l'exil, sur l'art et le théâtre, sur la nécessité d'avoir des rêves et la nécessité plus impérieuse encore de tenter de les réaliser. Des fois, ça marche!

De ce road-trip dans la poussière colombienne est né "Ma Colombine". Un drôle de spectacle pour les plus jeunes et ceux qui le sont restés. Pas une simple biographie, plutôt un conte, façon Chaplin. Avec un petit bonhomme qui traverse les océans avec de belles grimaces, un accent escarpé de Cordillère et des rêves hauts comme Madame La Lune. On y découvre un Porras plus intimiste, un acteur-danseur-conteur de sa propre vie. Et le témoin qu'un voyage ou une rencontre peut changer votre existence.

Thierry Sartoretti/ld

>> "Ma Colombine" en tournée à Genève, Théâtre Amstramgram, jusqu'au 27 janvier, puis à Renens, TKM, du 5 au 17 mars.

Publié le 23 janvier 2019 à 11:59