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"Le monde de demain" plonge aux sources du hip-hop français et de NTM

Image de la série "Le monde de demain" consacrée au hip-hop français et à NTM.  [arte.tv]
Image de la série "Le monde de demain" consacrée au hip-hop français et à NTM. [arte.tv]
Les débuts du hip-hop français dans les années 1980 et du groupe NTM en particulier sont retracés avec fougue dans une série en six épisodes intitulée "Le monde de demain", à voir sur arte.tv avant une diffusion sur la chaîne franco-allemande à partir du 20 octobre.

Récompensée du Grand prix au festival lillois Séries Mania, la série "la plus chère" jamais produite par Arte sera aussi à découvrir plus tard sur Netflix, son co-producteur.

"Le monde de demain" suit au fil de six épisodes de 52 minutes les jeunes Kool Shen et JoeyStarr, alias Bruno Lopes (joué par Anthony Bajon) et Didier Morville (Melvin Boomer), de leurs débuts dans le breakdance et le graffiti jusqu'à leurs premiers pas sur scène. Tout en mettant en lumière les autres pionniers de l'époque, tels que le DJ Dee Nasty (Andranic Manet) et sa compagne Béatrice (Léo Chalié) ou encore la graffeuse et danseuse Lady V (Laïka Blanc-Francard).

Cette série chorale emprunte son nom au premier album de NTM publié en 1990, qui a aussi marqué les esprits en raison de sa sortie dans un climat de tensions grandissantes entre policiers et jeunes des cités.

>> A voir: la bande-annonce de la série

Quête de fidélité minutieuse

Fruit de trois ans de travail, la série s'appuie sur des "centaines d'heures de témoignages et d'entretiens" avec ses protagonistes, très impliqués dans le projet, selon la cinéaste Katell Quillévéré ("Réparer les vivants"), co-créatrice de la série avec Hélier Cisterne ("Le bureau des légendes"), Vincent Poymiro et David Elkaïm ("En thérapie").

Kool Shen, JoeyStarr ou encore Dee Nasty ont ainsi "eu un droit de regard sur tous les épisodes (...) ont été présents sur le plateau, ont rencontré les acteurs et les ont coachés", souligne-t-elle. De quoi renforcer cette reconstitution minutieuse, portée par le "travail gigantesque" de ses jeunes comédiens, invités à imiter jusqu'à la signature de leurs personnages.

Cette quête de fidélité s'est toutefois heurtée à de nombreuses difficultés, notamment aux réticences de certains artistes de l'époque. Si Bando, pionnier du graffiti issu des beaux quartiers parisiens, s'est montré coopératif, son confrère Mode 2, à l'origine des pochettes des premiers albums de NTM, n'a lui pas autorisé l'utilisation de ses graffs.

>> A écouter aussi: une interview de Dee Nasty datée de 2019

Le rappeur Dee Nasty et le journaliste Witold Langlois, en 2019. [Witold Langlois - RTS]Witold Langlois - RTS
Dee Nasty, parrain du Hip-hop français / Nectar / 53 min. / le 26 novembre 2019

Contraintes pour la bande originale

La composition de la bande originale a également entraîné de nombreux "deuils", notamment pour des questions de droits. "Il a fallu faire un tri" en respectant un budget contraint, explique Hélier Cisterne.

La production a ainsi renoncé à Niagara, mais s'est offert le titre "Vitamine C", du groupe de rock expérimental allemand Can, pour un "billet de 20'000 euros". Car cette chanson "au solo de batterie quasiment permanent", sur lequel dansait le jeune JoeyStarr au Trocadero, "raconte la transition" méconnue entre le rock et le rap, détaille Hélier Cisterne.

En outre, "on a entièrement recréé un morceau" avec Kool Shen, JoeyStarr et leurs premiers collaborateurs DJ S et Reak, pour illustrer le premier concert du groupe de Seine-Saint-Denis.

>> Regarder le reportage du 19h30:

La série "Le monde de demain" raconte la montée du hip-hop en France et les débuts du groupe NTM [RTS]
La série "Le monde de demain" raconte la montée du hip-hop en France et les débuts du groupe NTM / 19h30 / 2 min. / le 21 octobre 2022

afp/olhor

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