Publié le 30 juillet 2018 à 16:28

Phanee de Pool: "Mon inspiration arrive comme une grippe intestinale!"

Phanee de Pool, auteur-compositrice-interprète.
L'invitée: Phanee de Pool enchaîne les concerts Vertigo / 53 min. / le 27 juillet 2018
La chanteuse biennoise Phanee de Pool a définitivement quitté son uniforme de policière pour la chanson. Nominée aux Swiss Music Awards 2018 pour son premier album, "Hologramme", elle aligne les concerts cet été.

A 28 ans, elle a déjà eu plusieurs vies mais c'est la dernière qu'elle préfère et savoure. "Je suis devenue ce que j'avais envie de devenir." C'est-à-dire une auteure-compositrice-interprète qui a réussi à s'imposer en un seul album, "Hologramme", un univers bien à elle, à la fois farfelu, espiègle et acidulé, où les mots sont ceux de tous les jours mais agencés de telle sorte qu'ils en révèlent toute leur élasticité poétique.

>>> A écouter le désamour façon Phanee de Pool:

Ses clips, tournés avec ses amis, dont Fred Valet qui imagine ses spectacles, la linguiste Stéphanie Pahud ou la comédienne Claude Inga-Barbey, rappellent que Phanee de Pool fut un enfant-clown, fille d'un homme de radio fou de l'Auguste Grock, et d'une mère pianiste-concertiste. Le père est aujourd'hui son producteur; sa mère son coach de piano.

J'ai besoin de la famille, du clan, des proches. J'ai un problème de confiance et je préfère travailler avec une équipe de coeur que de porte-monnaie.

Phanee de Pool, auteure-compositrice-interprète

Son passage dans la police

Mais avant d'en arriver là, avant d'être nominée aux Swiss Music Awards en 2018 et élue "Coup de coeur" de l'Académie Charles Cros la même année, Phanee de Pool, de son vrai nom Fanny Diercksen, a fait une pause de six ans dans la police. "Pendant cette période, je n'ai pas touché une seule fois ma guitare", dit celle que l'on compare souvent à Camille. "J'ai découvert grâce à elle qu'un orchestre monumental n'était pas forcément nécessaire pour faire une chanson, qu'un looper suffisait".

Le sens des réalités

L'uniforme qu'elle endosse lui permet d'acquérir son indépendance, de la rigueur et un sens des réalités dans lesquelles elle a parfois puisé son inspiration qui, dit-elle, lui arrive comme une grippe intestinale: "Je n'arrive pas à gérer, c'est là, ça presse, et il faut que je me dépêche de mettre mes idées sur le papier."

Mais surtout, cette intermède dans la police lui permet de tirer un trait sur ce qu'elle croyait condamné: une carrière musicale.

La Nouvelle Star en 2009

>>> A écouter son premier clip, Luis Mariano:

Car, enfant de la balle, Phanee a toujours baigné dans la musique. A quatorze ans, grâce à Jean-Marc Richard qui l'a repérée pour une émission radiophonique, elle fait ses premières scènes mais échoue, à 20 ans, à l'examen d'entrée de l'école de jazz de Lausanne. Un an auparavant, sa participation à "La Nouvelle Star" n'est pas plus fructueuse. Découragée, j'avais cessé d'y croire", dit-elle avec une folle gaieté dans la voix.

Coup de poker

Un événement, qu'elle se plaît à raconter souvent, la ramène à ses premières amours. Le 11 septembre 2016, elle revoit les images des tours jumelles en feu. Trop, c'est trop. Le malheur, elle n'en peut plus!

J'ai résilié mon abonnement TV, me suis enfermée dans mon appartement. J'ai écrit, composé et mis en ligne dans la même journée la chanson qui deviendra "Luis Mariano".

Phanee de Pool, auteure, compositrice et interprète

A sa stupéfaction, le lendemain matin, sa chanson a récolté plus de 1000 vues et de très nombreux partages. Elle démissionne de la police - ce qui rend ses parents très heureux - et sort dans la foulée son premier album "Hologramme". Critique unanime et public conquis. La série de concerts qu'elle s'apprête à donner cet été l'enchante, elle qui adore partager avec le public et lui offrir quelques surprises sur mesure comme cette reprise de "Déjeuner en paix" de Stephan Eicher, sur un texte de Philippe Dijian.

>>> A écouter la reprise de la chanson de Stephan Eicher:

Propos recueillis par Rafael Wolf

Réalisation web Marie-Claude Martin

Publié le 30 juillet 2018 à 16:28