Modifié le 06 octobre 2017

L'opéra, un lieu idéal pour perdre la raison

Lenneke Ruiten et Airam Hernández dans "Lucia di Lammermoor".
Lenneke Ruiten et Airam Hernández dans "Lucia di Lammermoor". [Alan Humerose - Opéra de Lausanne]
Les fous ont-ils leur heure de gloire à l'opéra? La réponse est certainement positive au vu de toutes les productions qui mettent en scène des folies, à l'instar de "Lucia di Lammermoor", à voir à l'Opéra de Lausanne jusqu'au 8 octobre.

Dès sa création en 1835, "Lucia di Lammermoor", chef-d'œuvre tragique de Gaetano Donizetti et archétype de l'opéra romantique, connaît un franc succès qui durera à travers les époques. L'histoire est dramatique et se termine dans un bain de sang.

En Écosse au XVIe siècle, une haine tenace consume les clans Ashton et Ravenswood. Lucia et Edgardo, bien qu'issus de ces deux clans ennemis, se vouent un amour passionné et se promettent le mariage. C'est sans compter toute une série de manigances, de duperies et de mensonges qui feront croire à Lucia que son amoureux la trompe.

Résignée, manipulée par son propre frère, elle accepte de prendre pour époux un homme choisi par ce frère sans scrupules. Mais Lucia perd la raison et poignarde sauvagement cet époux qu'elle déteste au cours de ses noces et, sombrant dans la folie, revit son bonheur. Edgardo se donnera la mort.

>> À voir, un extrait de l'opéra "Lucia di Lammermoor" à l'Opéra national de Paris:

Les drames et la cruauté mises en scène à l'opéra

Sandro Cometta, passionné de musique et d'art lyrique, conférencier au Grand Théâtre de Genève, à l'Association genevoise des Amis de l'opéra et du ballet, et au Forum Opéra de Lausanne, explique que les livrets tirés d'œuvres célèbres ne retiennent bien souvent que les scènes les plus dramatiques. Celles qui se terminent dans le sang, le crime ou le suicide. Comme dans Lucia.

À travers les siècles, plusieurs opéras ont exprimé la folie rappelle Sandro Cometta. "La Nina pazza per amore" de Paisiello en 1798, par exemple. "Il Pirata" de Vincenzo Bellini, avec la démence finale d'Imogène qui meurt d'un arrêt cardiaque. Mais aussi Verdi et la folie de "Lady Macbeth" en 1847, ou encore, plus récemment "La Cunégonde" du "Candide" de Leonard Bernstein en 1956.

>> À écouter, le spécialiste Sandro Cometta dans "Nectar":

L. Ruiten et A. Hernández dans "Lucia di Lammermoor" à l'opéra de Lausanne en 2017.
Nectar - Publié le 05 octobre 2017
 

Virtuosité et moments d'anthologie

Avec Lucia, l'écriture vocale atteint des sommets de virtuosité, avec des vocalises de la plus haute difficulté technique. Le final du premier acte, le dernier air de Lucia et celui d'Edgardo sont des moments d'anthologie.

Sur la scène de l'Opéra de Lausanne, la soprano Lenneke Ruiten incarne pour la première fois de sa carrière le rôle-titre. Prise de rôle aussi pour le ténor Airam Hernandez qui joue Edgardo. L'Orchestre de Chambre de Lausanne est dans la fosse avec, à sa tête, celui qui fut son chef de 1990 à 2000, Jesús López Cobos.

>> À écouter, le compte-rendu de "Lucia di Lammermoor" dans "Magnétique":

L'affiche de "Lucia di Lammermoor" à Lausanne.
Magnétique - Publié le 02 octobre 2017
 

Laurence Froidevaux/ld

"Lucia di Lammermoor", jusqu'au 8 octobre à l'Opéra de Lausanne.
L'opéra est retransmis sur Espace 2, samedi 29 octobre à 20h.

Publié le 06 octobre 2017 - Modifié le 06 octobre 2017