Kazuki Yamada, chef électrique

Dynamique, le jeune chef d'orchestre japonais sait galvaniser ses musiciens. Ses interprétations pleines de feu et de flammes soulèvent l’enthousiasme. "Quai des orfèvres" retrace son parcours.

Scroll

Carrière musicale

Kazuki Yamada est né en 1979 à Kanagawa au Japon. Il aborde la musique par le piano mais se destine très rapidement à la direction d’orchestre. Il se forme à l'Université nationale des Beaux-Arts et de la musique de Tokyo où il décroche en 2001 son diplôme de direction. Pendant ses études, Yamada créé le Yokohama Sinfonietta dont il assure la direction musicale.

Diplôme en poche, il se rend au Mozarteum de Salzbourg pour se perfectionner auprès de Gerhard Markson. En 2009, c’est la consécration. Il remporte le Grand Prix ainsi que le Prix du public du 51ème Concours de jeunes chefs d’orchestre de Besançon qui va lancer sa carrière. Dès lors, Kazuki Yamada est invité à diriger les plus grands orchestres du monde: l'Orchestre de Paris, la Staatskappelle de Dresde, les Philharmonique de Saint-Pétersbourg, d'Helsinki, de Bergen, le Philharmonique royal de Stockholm, le Tonkünstler du Musikverein de Vienne.

Les débuts avec l'OSR

Son premier concert à la tête de l'Orchestre de la Suisse romande est resté dans les annales. En 2010, Kazuki Yamada a été appelé quinze jours avant le concert pour remplacer in extremis Andrés Orozco-Estrada qui, souffrant, ne pouvait assumer la soirée. Alors que lui-même avait pris la place de Bertrand de Billy initialement pressenti pour reprendre les rênes de l'orchestre. 

Kazuki Yamada a accepté de relever le défi sans même demander des modifications de programme. Sa prestation a déchaîné l’enthousiasme du public qui lui a réservé une ovation exceptionnelle, ce "genre d’ovation cataclysmique", pouvait-on lire dans les colonnes du Temps au lendemain du concert, "que le Victoria Hall de Genève ne vit qu’une ou deux fois par an."

 

 

Il y avait en soliste ce soir-là le violoniste russe Vadim Repin, qui a interprété sous la direction de Yamada la partie solo de la Symphonie espagnole d'Édouard Lalo.

 

 

Le violoniste Vadim Repin.
Le violoniste Vadim Repin. [Francois Sechet - Leemage]

 

 

 

Seul debout, le jeune chef Kazuki Yamada s’excuse presque – avec cette sorte d’affabilité typiquement nippone qui exige une constante mesure de soi. Il trépigne d’un pupitre à l’autre, serre la main des chefs d’attaque. Petit, visage poupon, fluet dans son frac, le Japonais a des airs de Peter Pan. Dense, épris de liberté et pourtant parfaitement sous contrôle, l’OSR était rendu au meilleur de lui-même.

Jonas Pulver dans "Le Temps" du 12 juin 2010
 

Premier chef invité

Peu après son premier concert avec l’OSR, le jeune chef est à nouveau sollicité pour remplacer cette fois Seiji Ozawa, malade. On lui confie alors la direction musicale de la sixième édition de l'Académie internationale de musique, dont Ozawa est le fondateur.

Une fois encore Yamada accomplit sa tâche avec brio, scellant ainsi de nouveaux liens avec l’OSR: à compter de la saison 2012/2013, il est nommé Premier chef invité de l'orchestre.

Le chef Seiji Ozawa en 2002.
Le chef Seiji Ozawa en 2002. [AP Photo/Jon Winslow - Keystone]

Un des chefs les plus cotés

A partir de la saison 2016-2017, Kazuki Yamada est Chef principal et Directeur artistique de l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo. Il est également Principal chef invité de l’Orchestre de la Suisse Romande.

Au Japon, il est Chef principal du Philharmonique du Japon, Partenaire musical du Philharmonique de Sendai et Directeur musical de la Sinfonietta de Yokohama.

Il compte aujourd'hui parmi les chefs les plus recherchés au monde.

>> Écouter "Quai des orfèvres" consacré à Kazuki Yamada:

Kazuki Yamada, chef principal invité de l'OSR.
Quai des orfèvres - Publié le 23 septembre 2017

 

Crédits

Proposition et texte: Catherine Buser

Réalisation web: Melissa Härtel

RTS Culture

Octobre 2017