Publié le 05 avril 2017 à 13:07

L'electro rap toujours désopilant et subversif de Stupeflip

Stupeflip ou le projet de Julien Barthélémy, alias King Ju, gourou lettré d’un vrai projet artistique vendu comme une dinguerie alterno-subversive.
Stupeflip, un projet fou Panorama / 13 min. / le 30 mars 2017
Avec "Stup Virus", quatrième album né grâce au financement participatif, le Français Stupeflip échappe encore à la pandémie du conformisme grâce à un rap aussi débridé que subversif.

On imagine bien un cadre sup’ qui desserre la cravate avec son chef dans un nightclub de province, finir par hurler: "Si tu te sens à bout, si tu as pris des coups, faut que t’écoutes le Stupeflip crew". Stupeflip ou le projet de Julien Barthélémy, alias King Ju, gourou lettré d’un vrai projet artistique vendu comme une dinguerie alterno-subversive. Un type qui doit penser à Gauguin quand il se paye un paquet de frites, jaunes comme le soleil des Marquises. Bref, un artiste, un vrai, qui ne semble pas taillé dans le bois dont on fait les chaises longues.

Crowdfunding

Stupeflip, créateur d’un electro rap qui rameute toutes les familles de la branchitude hipsterisée, comme les prolos éreintés de cette France dite périphérique. Celle qui trinque plus au Ricard qu’au cognac à la Jay-Z et dont les enfants sont biberonnés à l’Orelsan, au PNL et au MC Circulaire. Une musique à la fois désopilante comme Jean-Claude Van Damme dans "Kickboxer" et inquiétante comme un discours de Jean-Luc Mélenchon pour un trader de la Société Générale.

Un hip-hop qui oublie le cirque habituel des insultes et des menaces pour se concentrer sur le groove de ces mots mis bout à bout pour lover des rimes aussi sucrées que "les sieg heil je les zigouille, je les nique, j’en fais des bonzaïs".

Votez King Ju!

Néanmoins conscient des servitudes de la création artistique sous contrainte commerciale, King Ju a récolté pas loin de 450'000 euros via son crowdfunding sur la plateforme française Ulule pour le quatrième album de son Stupeflip. Une somme qui place notre délateur du music business dans le peloton de tête mondial des gagnants au jackpot.

A un youtubeur inspiré qui lui demandait récemment s’il préférait Paris ou New-York, King Ju a répondu: "plutôt Brest, parce que c’est pile entre les deux". Un garçon qui connaît mieux la géographie qu’Emmanuel Macron connaît la Guyane et qui ramène plus de monde dans ses concerts que les meilleurs candidats à la présidentielle dans leurs meetings. Votez King Ju ! La dernière bande-sonore de sa campagne a pour titre "Stup Virus".

Eric Grosjean/olhor

Publié le 05 avril 2017 à 13:07