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James BKS: "J'ai un profond respect pour le travail de mon père, Manu Dibango"

La chanteur James BKS sur la grande scène de Paléo en juillet 2022. [Valentin Flauraud - Keystone]
James BKS, "Kusema" en Swahili / Vertigo / 9 min. / le 27 juillet 2022
Après avoir composé pour d'autres, James BKS sort "Wolves of Africa", un premier album qui mélange musiques traditionnelles africaines et sonorités urbaines. Un bel hommage à ses orignes et à son père, le célèbre musicien camerounais Manu Dibango.

Le 8 juillet sortait "Wolves of Africa", premier album solo de James BKS, artiste multi-instrumentiste franco-camerounais qui s'est fait connaître du grand public en 2018 avec son single "Kwele". Un album qu'il a co-écrit avec des artistes africains, américains et européens, tels qu'Idris Elba Idris, Q-Tip, Allan Kingdom ou encore Little Simz.

Né en 1982 en France, Lee-James Edjouma, alias James BKS, a 19 ans lorsqu'il émigre avec sa famille aux Etats-Unis. Il rêve de devenir basketteur jusqu'au moment où il se met à tripatouiller des instruments virtuels et des logiciels de musique durant un cours universitaire. Depuis, cette passion pour la composition ne l'a plus quitté et lui a permis de travailler pour les plus grands rappeurs américains, tels que Ja Rule, Puff Daddy ou encore Snoop Dogg. Alors sous contrat chez Universal, le jeune artiste y perd pourtant son âme et sa liberté.

Une rencontre capitale

Il décide de rentrer en France et de repartir à zéro. Et c'est dans un bar parisien qu'il rencontre en 2012, complètement par hasard, son père biologique qui n'est autre que le célébrissime saxophoniste et chanteur camerounais Manu Dibango. Sa mère ne lui avait révélé le nom de son géniteur que quelques années auparavant lorsqu'elle avait compris qu'il prenait sa carrière musicale au sérieux. Le jeune homme n'avait pourtant pas souhaité faire sa connaissance.

"Je l'ai connu sur le tard, au soir de sa vie, raconte à la RTS le musicien de passage au Paléo festival. On a eu la chance de passer ensemble sept années qui ont changé ma vie et qui lui ont, je pense, aussi permis de voir qu'il y avait une certaine continuité. C'est quelque chose qui a été très fort."

Les deux hommes partent en tournée ensemble, l'occasion pour le fils d'embrasser une culture et des origines camerounaises qu'il connaissait mal. "Ce qui est intéressant dans la manière dont on s'est cotoyés musicalement, c'est qu'on était d'égal à égal. Il me voyait comme un musicien. On parlait musique. Il respectait mon parcours. Il me laissait faire et il me donnait quelques conseils. Il a été tellement bienveillant", se souvient James BKS.

Inspiré par son père

Et lorsqu'il annonce à son père qu'il se sent prêt à se lancer dans un projet solo, celui-ci de lui glisser avec un petit regard en coin: "bon, ben, c'est pas trop tôt, fils". Manu Dibango n'aura pas l'occasion de voir l'aboutissement du premier album de son garçon, emporté par le covid en 2020 à l'âge de 86 ans. Et pourtant, il est présent en filigrane sur ce disque qui mélange habillement musiques tradtionnelles africaines et rythmes urbains. Que ça soit sur la chanson "Panda Nija" qu'ils avaient composée ensemble ou sur un sample de la chanson "Kwele".

>> A voir et écouter: la chanson "Pana Nija" de James BKS (feat. Gracy Hopkins)

Un hommage qui passe aussi, de manière subtile, par la pochette de "Wolfes of Africa" où James BKS prend la même pose que son père sur l'album "Wakafrica" où son corps était positionné de manière à représenter le continent africain.

La pochette de l'album "Wolfes of Africa" de James BKS sorti en 2022 et celle de "Wakafrika" de son père Manu Dibango, sorti en 1994. [DR]La pochette de l'album "Wolfes of Africa" de James BKS sorti en 2022 et celle de "Wakafrika" de son père Manu Dibango, sorti en 1994. [DR]

"J'ai été inspiré par ce qu'il dégagait, par son histoire, son parcours, continue James BKS. Il a ouvert des portes à toute cette nouvelle génération. Une génération qui arrive à fusionner ses origines avec tout ce qui se fait de nouveau. J'ai un profond respect pour ce qu'il a fait."

Sujet radio: Michel Ndeze

Adaptation web: Andréanne Quartier-la-Tente

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