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OrelSan se fait une certaine idée de la civilisation

Le rappeur français Orelsan lors d'un concert au Paléo Festival de Nyon en 2018. [Valentin Flauraud - Keystone]
Sortie du nouvel album d'Orelsan "Civilisation" / La Matinale / 1 min. / le 19 novembre 2021
Gilets jaunes, environnement, immigration et inégalités sociales sont les principaux thèmes qui forgent "Civilisation", le quatrième album du rappeur français OrelSan qui a pour toile de fond l'élection présidentielle à venir.

Trois ans après "La fête est finie - Épilogue", réédition largement augmentée du multicertifié "La fête est finie" sorti en 2017, OrelSan revient avec "Civilisation", son quatrième album en forme de chronique sociale et politique.

"L'odeur de l'essence", le premier extrait sorti deux jours plus tôt, a déjà fait beaucoup parler de lui pour ses paroles dénonçant le nauséabond climat des débats autour de la campagne présidentielle française, mais aussi pour son clip qui enchaîne les images fortes et engagées. "L'impact du visuel est tout à fait primordial dans une carrière d'artiste urbain", indique à la RTS José "Geos" Tippenhauer, animateur de "Nayuno", l'émission de culture urbaine de Couleur 3.

>> A voir et à écouter, le clip de "L'odeur de l'essence:

Kaléidoscope d'une société en crise

Des gilets jaunes qui défilent, des illustrations sur le thème de l'écologie, de l'immigration ou des inégalités sociales, le rappeur français propose un kaléidoscope d'une société souffrant de crises successives. Pourtant, OrelSan prétend ne pas trop suivre l'actualité: "Mais en parlant avec les gens qui m'entourent, je vois que ça devient des thématiques de la campagne", confie-t-il à l'AFP. Avant de développer: "En appelant l'album 'Civilisation', je pensais surtout au départ à la science-fiction, à 'Fondation' (livre culte) d'Isaac Asimov, le drapeau sur la pochette, c'était l'idée de reconstruction post-apocalyptique".

La pochette de "Civilisation", le 4e album du rappeur français Orelsan.
7th Magnitude/3ème Bureau/
Wagram Music [7th Magnitude/3ème Bureau/ - Wagram Music]La pochette de "Civilisation", le 4e album du rappeur français Orelsan. 7th Magnitude/3ème Bureau/ Wagram Music [7th Magnitude/3ème Bureau/ - Wagram Music]La question du bientôt quadragénaire qui affleure en filigrane dans cet album est "qu'est-ce que tu vas transmettre à tes enfants?". "Apprendre à désapprendre", scande-t-il en réponse dans le titre éponyme de l'album, "Civilisation", où transpire aussi l'envie d'une descendance.

Sur fond de sirène hurlante, OrelSan pointe aussi souvent du doigt le pouvoir et certains médias (BFM TV ou Valeurs actuelles). Un album engagé souvent sombre, mais aussi plein d'autodérision. Et aussi déjà un succès annoncé avec 50'000 albums déjà vendus en pré-commande.

Sujet radio: Natacha Van Cutsem

Adaptation web: sb/olhor avec afp

OrelSan, "Civilisation" (7th Magnitude/3ème Bureau/Wagram Music).

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"Montre jamais ça à personne", le rappeur révélé par un documentaire

Réalisée par son frère Clément Cotentin, la série documentaire "Montre jamais ça à personne", diffusée sur Amazon Prime Video depuis la mi-octobre, raconte l'ascension du rappeur, tout en évoquant aussi l'ennui de la jeunesse française des années 2000 et les arcanes impitoyables de l'industrie musicale.

Vingt ans après avoir fait promettre à son frère de ne jamais diffuser certaines images, le film évoque en six volets la percée d'OrelSan dans le rap hexagonal et francophone depuis sa ville d'origine de Caen où il s'ennuie fermement.

D'un appartement aussi mal rangé qu'enfumé, console de jeu vidéo en mains, l'ennui guette autant la future star du rap que son ami Gringe avec qui il formera le groupe Casseurs Flowters. Ses parents serinent à celui qui ne sait que faire de son existence d'arrêter "de traîner".

Aurélien Cotentin, de son vrai nom, va finir par trouver dans un rap aussi fantaisiste que percutant une porte de sortie et un sens à sa vie, porté par une bande d'amis et de salvatrices rencontres.

>> A voir, la bande-annonce de "Montre jamais ça à personne":