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La chanteuse australienne Kylie Minogue revient en disco queen

La chanteuse australienne Kylie Minogue. [Phonag Records - DR]
La chanteuse australienne Kylie Minogue. [Phonag Records - DR]
La chanteuse australienne Kylie Minogue est de retour avec "DISCO", un quinzième album qui se veut une bulle de légèreté en cette période plombée par le coronavirus. Elle y célèbre habilement les rythmes dansants qui ont envahi le monde voilà quarante-cinq ans.

Quarante-cinq ans après la déferlante disco sur le monde, en provenance de New York, Kylie Minogue se réapproprie les codes syncopés du genre pour son quinzième album paru début novembre. Finalisé dans son appartement de Londres durant le confinement du printemps, elle l'a défendu par un concert virtuel payant plein d'effets visuels, vêtue d'une combinaison en tissu lamé doré et de bottines à talons argentées.

Après avoir exploré la country en mode introspectif dans son précédent enregistrement, l'icône pop australienne à la versatilité assumée se lâche et se mue donc en dancing queen. En marchant sur les pas des figures notoires du genre, de Donna Summer aux Bee Gees via Gloria Gaynor ou Chic, la chanteuse convoque les spectres new-yorkais du Studio 54, mythique boîte de nuit où s'est notamment écrit cette légende du disco qui a changé l'histoire de la musique en même temps qu'elle a accompagné les revendications de minorités autrefois silencieuses.

>> A voir, extrait de son récent concert virtuel où Kylie Minogue interprète "Real Groove":

Quelques tubes aussi légers qu'irrésistibles

"La musique disco s’est construite dans l’adversité, et en cela il y a une étrange corrélation avec ce que nous vivons cette année… Les gens veulent juste une pincée, un moment de rêve et de lumière", explique d'ailleurs Kylie Minogue pour défendre sa plongée dans ce scintillant passé.

Son biennommé "DISCO" récite donc l'alphabet du genre, sans notoires surprises mais plutôt très habilement. Dans le sillage de Róisín Murphy, Lady Gaga ou Dua Lipa, celle qui compte déjà 80 millions d'albums vendus aligne même une poignée de tubes aussi légers qu'irrésistibles parmi ses douze nouveaux titres qui s'évertuent à jeter de la poudre aux yeux: "Magic", "Supernova", "I Love It", "Celebrate You", " Say Something". Autant de morceaux qui ont rapidement séduit le public puisque Kylie Minogue s'est classée numéro un des ventes après une semaine au Royaume-Uni et qu'elle s'est par la même occasion payé le luxe de devenir la première femme dont des albums y ont figuré en pôle position sur trois décennies consécutives.

>> A voir, le clip de "Magic":

Ailleurs, la voix trop trafiquée, le sentiment de redite et quelques accents eurodance de mauvais goût finissent par lasser autant qu'agacer hélas, ne hissant pas "DISCO" au niveau de ses albums "Fever" (2001) et "Aphrodite" (2010). Mais reste que strass et boules à facettes, guitares funky et violons virevoltants, hédonisme et insouciance, amour et pistes de danse peuvent quand même encore constituer des mariages gagnants, même quarante-cinq ans après le tsunami disco.

Olivier Horner

Kylie Minogue, "DISCO" (BMG/Phonag Records)

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