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Sonia Wieder-Atherton, la musique comme une langue ouverte au monde

La pochette de l'album "Bach - Cello Suites nos. 1 &2" de Sonia Wieder-Atherton. [Alpha Classics]
Sonia Wieder-Atherton: la musique une langue ouverte au monde / L'écho des pavanes / 35 min. / le 5 octobre 2020
La violoncelliste française Sonia Wieder-Atherton fait paraître chez Alpha Classics les Suites N° 1 et 2 de Bach. Un répertoire qu'elle compare à une sculpture en phase de modelage.

Née à San Francisco, Sonia Wieder-Atherton a grandi à New York et Paris. Elle s’est formée au Conservatoire National Supérieur de Paris et au Conservatoire Tchaïkovski à Moscou. D’un répertoire à l’autre  - classique, contemporain, jazz, musiques de l’Est- dans une exploration permanente, la violoncelliste a toujours cherché à faire de la musique une langue ouverte au monde.

Aujourd’hui paraît sous son archet, chez Alpha Classics, les Suites Nos 1 et 2 de Bach. Pour la violoncelliste, les oeuvres de Bach rappellent les sculptures de Giacometti, ce moment où on voit l'artiste travailler la glaise pour modeler un visage et que surgissent d'un coup des yeux, un nez, une expression. "Il s'agit de creuser la corde jusqu'à ce que naisse une phrase, ainsi que sa respiration juste."

>> A écouter, le prélude de la suite pour violoncelle n°1 de Jean-Sébastien Bach par Sonia Wieder-Atherton:

Tendre vers un tout

Pour Sonia Wieder-Atherton, les oeuvres du cantor de Leipzig expriment une épiphanie, cet instant précis où quelque chose apparaît. "Bach impose un rapport au présent. Il faut être dans un état où tout le corps, les battements du coeur, le rapport entre la tête qui conduit et qui connaît la structure de l'oeuvre, la polyphonie, tout cela ne fait qu'un, comme une chose presque zen. Alors on éprouve cette sensation magique de la phrase qui se crée et qui apparaît au moment exact où elle est en train de se faire".

La sensation qui en découle est très différente de celle éprouvée en jouant de la musique romantique par exemple, décrit la musicienne.

Bach requiert un sens du temps unique qui permet de jouer ses oeuvres avec une liberté de discours et la présence cachée de toute cette rythmique dansée, de la polyphonie contenue sans toujours être visible.

Sonia Wieder-Atherton, violoncelliste

"Et même en restant très proche de ce qui est écrit, on peut raconter des histoires différentes", conclut-elle.

Propos recueillis par Anya Leveillé

Réalisation web: Melissa Härtel

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