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"Point", quatorzième album kaléidoscopique des Zurichois Yello

Yello "Point". [Credit Universal Music ]
Yello, un point cʹest tout ! / Vertigo / 7 min. / le 8 septembre 2020
Quarante ans après son premier album révolutionnaire, "Solid Pleasure", Yello propose sa quatorzième production. Au fil de "Point", le duo zurichois fait le lien entre le passé et le futur, fidèle à une formule mêlant rigueur mécanique et anarchisme dada.

Yello reçoit dans la maison avec arcs et colonnes qu’occupe Dieter Meier sur les hauteurs du Züriberg, un des quartiers les plus chics de la ville alémanique. Boris Blank a installé son studio dans le sous-sol de la villa. Un espace superbe avec vue spectaculaire sur le lac de Zürich. De quoi inspirer le compositeur alémanique qui, album après album, construit un univers sonore immédiatement reconnaissable où il recycle des milliers des rythmes et motifs sonores planqués dans son ordinateur.

"Point" s’inscrit parfaitement dans la lignée des albums précédents de Yello, avec un même équilibre entre pop dadaïste et expérimentation électronique. Au fil de ses productions, le duo a épuré son son. La flamboyance hallucinante des débuts a fait place à un minimalisme plus calibré qui véhicule une identique (auto-)ironie en jouant sur les mots et les sons.

"Vers le futur à travers le passé"

Dieter Meier, voix et parolier de Yello, estime que ce quatorzième enregistrement "est du 100% Yello". Et de poursuivre dans un entretien donné à la RTS: "On pourrait ajouter un sous-titre à l'album qui dirait 'vers le futur à travers le passé'. Cet album est l'oeuvre de Boris Blank mais il ne cesse de faire des progrès. Il évolue. Chaque artiste de qualité a un univers très reconnaissable. Si vous prenez les compositeurs classiques comme Beethoven, Haydn, Mozart ou Alban Berg, ils ont résisté aux modes parce qu'ils sont originaux. Ils ne sont pas kitsch, ils n'imitent pas leurs pairs. Et ce qui est primordial pour Boris, c'est de ne pas changer de veste ou de style selon la mode. La musique lui vient de l'intérieur, il ne veut pas la changer. C'est son style, point à la ligne".

>> A voir aussi: le sujet du 12h45 consacré à Yello:

Yello sort un nouvel album. [RTS]
Yello sort un nouvel album. / 12h45 / 1 min. / le 26 août 2020

Avec leur décontraction et humour habituels, Dieter Meier (75 ans) et Boris Blank (68 ans) livrent une véritable collection de chansons avec "Point", en mettant l'accent sur les mélodies et paroles où affleurent souvent les onomatopées. Dieter Meier, qui imagine les paroles à la façon d'un dadaïste une fois la composition électronique de son compère achevée, se voit davantage comédien que chanteur dans le monde sonore de Boris Blank qui, pour sa part, accumule les sons dans des dossiers de son ordinateur depuis des années, à la manière "d'un écureuil avec ses noix".

Ce n'est ainsi pas un hasard si le récent single "Waba Duba" rappelle immédiatement leur tube "The Race" (1988), en raison d'une boucle répétitive d'instruments à vent. Dans le répertoire d'un des rares groupes suisses à connaître un succès international depuis quarante ans, le point de départ de leurs chansons souvent kaléidoscopiques reste un son, qu'il soit ancien ou actuel.

>> A voir, le clip de "Waba Duba":

Interview: Michel Masserey

Adaptation web: Olivier Horner

Yello, "Point" (Universal Music).

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